SCÈNE V
PIERBJE, tMtMV**U la «baiiiiaéapeftliMai; MADAME BBRNIER» LA PALUDE, aaaU.de raaira cAU da la aoèaa.
LA PALUDE
Allons I- je n*ai pas perdu ma journée... Ne seriez-vous point aussi en paysanne, par hasard ?
MADAMB BBHNIBR.
Oh! moi, je suis tout simplement en vieille femme.
LA PALUDE
C'est donc un bal... masqué? Je dis ( atm inuation. ) masqué*
MADAME BERXIKR.
J'avais bien entendu : merci, Lindor.
LA PALVDE.
Chez. qui ce bai?
MADAME BËHNIËH.
Chez madame d'Ablancourt.
LA PALUDE
Femme d'esprit. Salon agréable, sitir la lisière du foubourg Saint- Germain. Je ne savais pas que vous la connaissiez.
MAnAMB BERNfBB.
C'est monsieur de la Roche Pin|oloy qui nous a fait envoyer une invitation, et qui nous présente ce soir.
LA PALIDE, pincé.
Monsieur de la Roche Pinaolev !
MADAME BERNIER
Pourquoi pas?
LA PALUDE
Je n'ai rien à dire là-coulre, Madame. Vous êtes parfaitement maltresse de vos actions.
MADAME BEBNIER.
Je Tespère bien.
LA PALUDE
Le sort des vrais amis est de n'ôtre pas écoutés... n*en parlon plus.
MADAME BBBT9IBB.
C'est cela : n'en parlons plus.
;lA PALUDE.
Sacrifiez tout à un vain titre, je le veux bien I J*avoue que Je vous estimais au-dessus de ces petitesses. Adieu, madame la marquise.
MADAME BEBNIEB.
Vous êtes fou. Je n*ai pas plus envie d'épouser M. de Pingoley que de m'aller pendre.
LA PALUDE
Alors pourquoi tolérez-vous ses assiduités compromettantes ?
Parce qu'il est fort iiimable, hcaucoiip plus ;iiin;il)l(' (|ue vous, parce que je ne peux pas l'empi^cher (l'nilor flans les endroits où je vais cl oii vous n'allez pas; parce qu'onliu si ses assiduités compromettent quelqu'un c'est lui et non pas moi.
LA PALUDE
Cependant le bruit de votre prochain mariage court partout.
MADAME BEBNIEB.
Laissez-1o courir, quand il sera fatigué il se reposera.
ACTB II, SCÈNE Y. 4S
LA PALUDE
Prenez garde aux mauvaises langues.
MADAME BEANIER.
ËUes ne sont pas asf^cz maladroites pour me prêter un amant de cinquante ans peut-être?
LA PALUDE
Vous ignorez donc qu*à Paris IMnvraisemblance est le ragoût de la calomnie?* Elle ressemble au lion de rÉvangile : quœrens quem dtvont,., cherchant quelqu'un à manger.
Qu'à cela ne tienne, elle mangera le marquis : ce sera d'autant plus facile qu'il prête le flanc. Personne, j'imagine, ne supposera que notre mariage ait manquô pj^r sou refus? Il passora pour un coureur de dot malheureux, voilà tout. Cela vous contrarie-t-il ?
LA PALUDE
Non... ohl noni c'est-à-dire... ce pauvre Léopold... c'est mon ami d'enfance , et je serais désolé... mais il l'aura bien mérité, Yous.étes bien sûre au moins que vous ne Pépouserez pas?
MADAMB BBnNIBR.
 quoi bon? N*avonEknous pas un homme dans la maison?
LA PALUDE
C'est juste, il ferait double emploi. Ce brave Pierre! Il parait
que vous êtes contente de lui t ( Pi«rre ferm« bniKa«m«nt Êon lirt; )
MADAME BBBNIER.
Autant qu'il Pest de nous, j'espère.
LA PALUBB.
Et moi qui m'opposais à ce mariage-là... ( m toorntat Mam ) Oui, jeune homme, je ne m'en cache pas, je vous ai fait la guerre; mais c était dans votre intérêt.
PIERRE, M lerani.
Vous êtes bien bon.
LA. PALUDE
Non, vous aviez de l'avenir, je l'ai toujours dit; mais il vous &Uait l'aiguillon de la pauvreté. Tout le monde n'est pas de force à supporter Tatmosphère amolissante de la fortune : pour y produire, il ne faut pas moins que l'impérieuse fécondité du génie. Je gage que voua ne travaillez plus.
MADAME B£EX<I1£E
Donnez-lui donc le .temps de se reconnaître.
LA PALVDB.
Le fait est qu'il a l'air encore abasourdi de son bonlieur. On le serait à moins. Vous avez fait, mon cher, une découverte impossible à la simple chimie: celle de la pierre phiiosophale. Vous pouvez vous en tenir là.
PIERRE, froidement.
Ten avais déjà fait quelques autres; mais elles n'ont pas paru sous mon nom.
LA PALUnB.
Qu'entendez-vous par là ?
PIERRE
Rien, que ce que je dis.
LA PALCrjOliy «i«MèehMMat.
Si on vous a fait tort, faites valoir vos droits.
PIBRRB.
Ohl la chose n'en vaut pas la peine.