SCÈNE VI
PIERRE, MADAME BERNIER
MADAME BBRNIBR, aprècm sUnMê.
Je me suis tue de peur de verser de Thuile sur le feu, mais Je suis plus inorUfiée que le baron de votre sortie inqualifiable. Ce sont là des manières d*étudiant que vous auriez dû laisser sur le seuil ,de ma maison. Je regrette que vous n*ayez pas compris qu'en épousant ma fille, voua deveniez un homme du monde.
PIEUKE.
Si vous avez une leçon de savoir-vivre à donner à quelqu'un, ' c'est au baron, Madame, et noua moi.
MADAME BERNIER
11 n'est plus d'âge à en recevoir, et je ne sois pas sa mère; d'ailleurs, je' ne vois pas qu'il ait manqué aux convenances; sa suffisance de savant est trop ridicule pour être offensante; mais le fù^-elie, vous deviez songer que Vous parliez à un vieil ami de la
maison et que vous lui parliez chez vous.
PIERRE
Eh, Madame, il s'agit bien d u ne querelle de Vadins et Trissotin!
MADAME BERNIER
De quoi donc alors?
• PIERRE
Si vous ne Tavez pas senti, c'est inutile à vous dire. Croyez bien que je n'oublierai pas que je suis chez moi lorsque ceux qui sont chez vous se le rappelleront.
MAOAME BERNIBR.
Mon Dieu, j'ai bien remarqué qu-il vous traitait un peu en jeune homme; mais je n'ai vu là rien de choquant de la part d'un vieillard.
PIERRE
Ses manière;; avec moi n'ont pas, d'âge; elles sont à peu près
oellcs de tous vos amis, et je suis fâché que vous ne vous en aperceviez pas.
HADAMB BBBNIBB.
Mais, mon cher enfant, j*ai autant de souci de votre dignité que vous-même, et si quelqu'un vous a manqué...
PIERRE
Non, Madame, non, malhourousoment personne ne'm'a manqué. Ce ïiontdes nuances de dédciin d'autant plus irritantes qu'elles sont négatives et que je suis même ridicule à m'en plaindre. Ici, quand vous recevez, dans le monde où vous me conduisez, partout, on mo montre, à causp de vous une politesse de seconde main, au fond de laquelle je sens parfaitement qu'un me tient pour non avenu.
MADAME BEBNIBB.
L'accueil dont vous vous plaignez est tout naturel ; vous entrez dans un monde qui ne vous connaft pas et auprès duquel votre seule recommandation jusqu*^ présent est votre alliance avec nous.
PtBllRE.
H y a autre chose... et vous m'entendez bien.
Et quand môme? ne iallait-il pas vous attendre à rencontrer iin peu d'envie et beaucoup de réserve? Votre avènement est trop récent pour être déjà à Tétat de fait accompli. On se tient sur la • défensive; on vous attend, et c'est tout simple. Parce que vous ' étiez pauvre hier, êtes-vous en droit d'exiger qu'on se jette à votre téte aujourd'hui ? Car votre prétention n'a pas d'autre fondement, remarquez-le bien. Laissez faire au temps, mon chep Pierre, et ne brouillez pas les cartes... Ne nous brouillez pas surtout avec nos amis. Le baron est un des plus anciens et des plus dévoués; il me rend mille services; si ridicule qu'il vous paraisse, son nom donné de la consistance à mon salon, et je serais désolée qu'il n'y vint plus.
PIEBBB.
Je n'y puis rien, Madame.
MADAME BBBNIBB.
Bah 1 c'est un homme excellent et le moindre petit mot l'apaisera.
PIBBBE.
Des excuses?