SCENE Xll
Les MàMES, PINGOLE Y, un domino'*!» 1» bvas.
CLÉMENTINE, vlTOiiioat.
Nous vous attendions 9 monsieur le Marquis; partons vite.
MICHEL, à part.
Tiens l tiens!
PINGOLEY.
Est-ce que Pierre ne vient pas?
GLÉMENTINB.
Non.
MADAME BERNIER
11 est un peu soufifirant.
PINGOLEY.
Qtt'avez-vons, mon cher?
CLÉMENTINE
Une extinction de voix , cela passera.
PINGOLEY, apoMOT«at Miokol.
Monsieur Ducaine!.- Parbleu 1 monsieur, je suis ravi que vous soyez de retour...
CLÉMENTINE
Que les hommes sont bavards... nous n^arriverons pas!
PINGOLBT.
Allons, Mesdames, (* Michei) à revoir n'est-ce pas? (u passe derant
avec Ciémentme).
MADAME BERNIER, ba«,à MithtU
J'espère que cela ne vous découragera pas de revenir?
MICHEL
Au contraire, Madame, (sue rejoint 10 Marquiit «t && aue.)
bCÈJSË XIIL
PI£RAË, MICH£L.
MICHEL
Ce costume est peut-être un peu prétentieux, mais en somme, , la mode est aux costumes historiques, et je ne vois pas là matière..»'
PIERRE, avec explosion.
Tu ne vois rien , toi ! Ce n'est pas en François l" qu'il fautm'babiller, c'est en Cadet-Roussel» c'est en Jocrisse! Sais-tu ce que je suis pour les amis de ces dames, pour leur monde fashionable? Le mari d*une femme qui a fait un sot mariage, un mari subalterne, un charron , un porte-éventail 1 Je leur fais l'effet, dans Texercice de mes privilèges maritaux et domestiques, d'un laquais en galanterie avec sa maîtresse. Et moi-même, quand il faut entrer dans leurs salons et subir leur politesse dédaigneuse, je me prends à envier les drôles galonnés dont le service, du moins, ne dépasse pas rantichambre! Tu me parlais de mes succès... les voilà I
Je suis consterne... mais c'est impossible... tu te trompes, ta femme ne t'exposerait pas...
PIERRE
Si on la traitait comme on me traite, j'en pleurerais de rage... Elle ne s*en aperçoit seulement pas!
MICHEL
Elle ne t'aime donc pas?
Non.
ÀGTE II, SCÈNE Xin
MICHEL
Tu es fou. Pourquoi t'aurait-elle épousé?
PIERRE
Est-ce que je sais! Je lui ai [)lu un jour... un jour sans lendemain! Pourquoi nie l'n-t-on donnée? Je pouvais l'oublier! je ne le puis plus maintenant qu'elle est à moi... Je suis bien malheureux, va i Est-ce le mépris du monde qui m'atteint dans sou cœur? (n
tombe mut «M ebaite.)
MICHEL
Il faut qu'il y ait dans tout cela un malentendu... ce n'est pas possible autrement; le monde n'est pas si béte et si méchant que nous autres, pauvres diables, nous nous plaisons à nous le figurer. Je suis convaincu qu'à son. insu ses iniquités apparentes cachent toujours une logique profonde; sois certain qu'il y a dans ta situation quelque chose qui nous échappe...
P I K R K K , avec .imertume.
C est bien simple ! Je suis un homme de rien, le piston do M. de La Palude.
MICHEL
Un parvenu enfin... un parvenu par les femmes... Parbleu 1 nous y sommes... c'est çal... Ils ont raison!...
PIBAEE.
^ Michel 1
MICHEL
. Certainement; il n*est pas permis à un homme de cœur de tout devoir à sa femme, et tu dois tout à la tienne.
PIKKHE. ,
Michel I...
MICHEL
Donne-lui un nom, et vous serez quittes. Travaille, morbleu! travaille! c'est par là qu'il fallait commencer, nous sommes deux niais de ne pas l'avoir compris! Montre ta valeur à ce monde qui rignore! ta situation est pitoyable, mais, vive Dieu ! il ne dépend que de toi de la clianger I Tu es déshonoré par ta fortune comme un militaire par un avancement scandaleux... gagne tes épaulettes et on les saluerai .(pierre se iftT«« im jm «claitnto. } Courago, mon Pierre! n'es-tu pas soulagé de savoir que ta dignité, l'amour de ta femme, le bonheur, tout cela est à la portée de ta main?
PIERRB, tAnvuêmuA»
Ai-je une valeur seulement?
MICHEL
Comment! vous êtes sur la voie d'une découverte égale à celle de la vapeur, destinée à la remplacer un jour, et vous faites de la modestie î
PIERRB.
Oui, ridée est belle 1 mais la mènerai-je à fin?
mCHBL.
Ces idées-là ne viennent pas aux impuissants. Voyons, pas de découragement, ne te laisse pas aplatir par les salons. Tu ne me prends pas pour un imbécile, j'espère ? Hé bien, je crois en toi !
PIERRE, bnuvNmenl.
Tu m'aimes tant...
mCHBL, brataleoBwi*
Je f aime parce que tu es un homme de génie 1 Cest stupide à dire, tant pis, je suis en veine de grossièretés.
PI ERRK.
Du génial... si jamais seulement d\k talent.
MICHEL
Quand je te dis une chose, tu peux bien me foire Thonneur de me croire. D'ailleurs, rien de plus facile que de t'en assurer, et cela en vaut bien la peine.
PIERRE
Tu me remets du oœur au ventre.
En avant, François 1*M L'amour de Clémentine t'attend au retour de Marignan.
PIBRRE, ftvM ftn.
Cette idée-là me tiendra lieu de génie. J'étais désarçonné, tu m'as remis en selle, merci. — Adiou, raoQ bon Michel.
MICHEL
Tu me renvoies?
PIERRE
Oui. Je vais passer la nuit à relire mes notes, à retrouver le fil de mes idées, et demain matin j'aurai renoué la chaîne de mes Ira-