ACTE ITI, SCÈNE I
thèse. M. àe la Roche-Pingoley nous a beaucoup surfait le mérite de son protégé. Je crois que ce ne sera jamais un grand savant.
CLEMENTINE.
Je l'en tiens quitte ; la gloire débonnaire de ces messieurs ne me touche pas. Je n*ai jamais cru d^ailleurs que j'épousais un aigle ; 'mais 3*ai cru épouser un homme facile à vivre, c'est bien le moins; et si M. Pierre s'aigrit par Toisiveté, et ne sait pas se créer d'oc- i
cupations...
MAI» AME BERNIER
Sois tnmquille; j'ai de quoi l'occuper. 11 va immédiatement en- •irer ea louctions.
CLÉMENTINE
Quelles fonctions?
MADAME BERNIER
Tu ne te doutes pas. ma chère enfant, des servitudes de la richesse; c'est moi qui les subis depuis la mort de ton pauvre père; îl est juste que mon gendre me relaie. J'ai reçu une lettre de Touraîne ; mon fermier des Houlineaux m'écrit que la commune me cherche de mauvaises querelles; elle veut étendre son pré communal à mes dépens ; le tout embrouillé d'une question de prescription , la bouteille à l'encre ! d'un autre côté , mon notaire trouve enûn un acquéreur pour le moulin des Brossettes ; à toutes ces causes, il est bon que nous ayons quelqu'un sur les lieux. Or, j'hésitais par respect pour la lune de miel à mettre Pierre en campagne; j'ai reculé tant que j'ai pensé que nos intérêts seuls souffraient de soiî désœuvrement, mais puisqu'il en souffre aussi , tout est pour le mieux; il partira demain.
CLÉMENTINE
A la bonne heure. — £t combien de temps durera son absence?
MADAME BERNIER
Quinze jours OU trois semai lu-s.
CLÉMENTINE
Bon , jusqu'à notre départ pour l'Italie.
MADAME BERNIER
Tu penses donc toujours à ce voyage?
CLÉMENTINE
Plus que jamais. Il faut espérer que monsieur mon mari n'aura
64 UN BEAtT MARIAGE.
pns le t<nïips (l'avoir dos lubies en route. Est-ce que tû n'es plus en humeur vagabonde, toi ?
MADAME BERNIER
Je suis toujours en humeur de faire ce qui te plaît; mais comme tuVen parlais plus...
CLéMENTIl^E.
Je ne parle jamais des choses convenues, tu sais bien. Au lieu de commencer par Venise^ nous irons tout droit à Rome pour les fêtes de Pâques.
BIAOAMB BERNIER.
J'entends ton mari ; voyons, ne le boude pas ; il part demain.
Eh bieni nous nous réconcilierons demain matin.
MADAME BERMER.
Comme tu tiens à ta rancune!
CLÉMENTINE
C'est mon petit bénéfice t