SCÈNE IV
PIERRE, MADAME BERNIER
MADAME BERNIER
Qu*est-Oe que c'est? (vim Int ««ad la lettre; eHe Ht.) (( MOH Cher
Pierre, je devais toucher 1,.*)00 francs en arrivant; j'apprends ce matin que je ne les aurai qu'à la fin do la semaine. Fais-moi le plaisir do mo les prêter jusque-là ; j'irai les chercher après déjeuner. Michel. » Qu'allez-vous répondre ?
PIERRE
Que dois-je répondre? ( Madame Bemler Ta k un roffret, r prend trois billete de cinq cent! fraMM, ei lei donn« à Pierre.) Oh I Madame, je VOUS femcrcie.
MADAME BERNIBR.
n ne peut être question de remerciements entre nous. Mais parmi lesécueils de votre, situation, il en est un qui vous échappe et qu'il est de mon devoir de vous signaler. Vous avez dû laisser derrière vous nombre d*amis, de camarades, plus voisins de la gène que de Taisance. Je ne les en estime pas moins, mais il ne faudrait pas qu'ils s'habituassent.. *
D'abord , Madame, c'est le premier service de ce genre qu'on me demande; puis Michel n'esl pas un camarade, un ami pour moi, mais, que sais-je? un parent, un irère.
MADAME BKRNIER.
Aussi , n'est-ce pas pour lui que je parle; je suis très-heureuse du petit sacri6ce.*.
PIERRE
Mais il vous remboursera I
MADAME RERNIBR.
Peu m'importe; ce n'est pas la question.
PIERRE
Mais ir m'importe beaucoup, à moi, que vous n'en doutiez pas.
MADAME B£iiNl£R,
£h bien ! je n*en doute pas; mais insinuez-lui avec tous les égards possibles, qu'on nous dit plus riches que nous ne sommes, que... vous m'entendez bien.
PIERRE
Parfaitement, Madame; si parfaitement que je refuse pour lui un service inacceptable en pareils termes.
MADAME SBRNIER.
Vous êtes bien susceptible, ce matin ?
PIERRE
On ne Test jamais trop pour ses amis.
MADAME BERNIBR.
Décidément, mes observations, si simples qu'elles soient, auront
toujours le don de vous déplaire.
PIERRE
Non, Madame, tant qu'elles ne blesseront que moi. J'écrirai à M. Ducaisne que je u'ai pas d'argent; voici le vôtre.