‹ Un beau mariage comedie en cinq actes en proseChapitre 61 sur 98 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Lj:s Mêmes, LA PALUDE.

PIE RR E , saluant.

Ma belle-mère est chez elle. Monsieur,

LA PALUDE

C'est à vous que j'ai à parler, mon cher ami.

PIBRRE.

Votre cher ami?

lA PALUDE.

Sans doute; entre f^ens comme nous, uh moment de vivacité ne compte que ce qu'il dure. Les excuses de madame Beroier étaient superflues.

ACTli 111, SCÈNE YIIL ' 75

PIEBRE.

Des excuses!

LA PALVDE. .

Laissons cela; c^est à propos d'elle quo j'ai à vous parler, et très-scrieuseincnt... Je vous dcmando pardon, fnonsieur Ducaisne.

MICHEL. '

J'allais me retirer, quand vous iHes (MUré... A bientôt, Pierre, du courage!... (a part.) Que d'heureux on lerdil avec tout le bonheur qui se perd eu ce moude i (iisort.)

SCÈiNE

PIERUE, LA PALUDE, u. .'.^«^«iii.

PIERRE

De quoi s agit-il, Monsieur?

LA PALUDB.

Je viens en vieU ami de la maison toucher une question délicate. Votre belle-mère. . .

PIERRE

Permettez, Monsieur; je ne suis rien ici, je ne vous rapprends pas, et je n'y puis rien être.

LA PAL U DE

Détrouipez-vous. Votre belle-mère est sous votre tutelle, aussi bien ({ue votre fenuue, et tout ce (ju'elles font de rompromellant, elles lo fout sous Notre responsabilité : bref, vous êtes en faute, dès que leur cousidératiou est en danger.

PIERRE

Oui, Monsieur; mais je ne vois pas... ma belle-mère est la plus inmnète femme du monde; on serait mal venu à en douter devant moi.

LJf PALUDB.

A qui le dites-vous, mon cher enfant? mais précisément parce qu'elle est la plus honnête femme du monde, elle a toute la témérité des consciences nettes et joue avec le péril; or, c'est toujours un mauvais jeu. Hier encore elle faisait fi de mes avertissements, et le soir même, chez monsieur de Lavardin, j 'assistais à un demi-tour à gavche de Topinion sur elle et le sire de Pingoley. Des gens très-

76 UN BEAU JMARIÂGfi. ^

écoulés comnioncont h diro que (v double iiiaiiéi^e dure Irop loni?leinps : « Puisiju'elle no \(nil juis ré|)ousor. poiutiuoi soudre-t-elle ses assiduités? Il ron*j;ai;em plus avant quelle ne veut; tout cela finira mal; il n'y a donc pas d'homme dans la maison ? » Sur quoi, une jolie petite dame, que je ne vous nommerai pas, a riposté : « II y a bien un gendre, mais c'est monsieur 4e Fingoley qui Ta placé. »

PIERRE.* M Jtovant brosquemont.

On a dit ce moMà?... Vous Tavez entendu ?••.

LA PALCDB.

On ne Tinventerait pas... G*est bien un mot de femme.

PIERRE

Ce n'est plus du dédain à présent... C'est du mépris t On m^al-

taque dans mon honneur. .

LA PALVDB.

' C'est pourquoi j'ai cru devoir vous avertir. Ces bruits ne font que de naître ; vous les arrêterez en éconduisant Pingoley.

p 1 1 : u n li .

Oui... vous avez raison; il le faut. (Bntr* pingoiej.)

Page 1