Types : lépismes, podures, etc
A cette science il donnait toutes ses heures. (Page 7.)
d'Auckland furent congédiés, et, le 22 janvier, elle s'embarqua à bord du Pilgrim, n'emmenant que son fils Jack, le cousin Bénédict et Nan, sa vieille négresse.
Le cousin Bénédict emportait dans une boîte spéciale toute sa collection d'insectes. Dans cette collection figuraient, entre autres, quelques échantillons de ces nouveaux staphylins, sortes de coléoptères carnassiers, dont les yeux sont placés au-dessus de la tète, et qui jusqu'alors semblaient être particuliers à la Nouvelle-Calédonie. On lui avait bien recommandé une certaine araignée venimeuse, le « katipo » des Maoris, dont la morsure est souvent mortelle pour les indigènes. Mais une araignée n'appartient pas à l'ordre des insectes proprement dits, elle a sa place dans celui des arachnides, et, par suite, était sans
LE BRICK-GOELETTE PILGRIM
C'était un homme taciturne. (Page 12.)
prix aux yeux du cousin Bénédict. Aussi L'avait-il dédaignée, et le plus beau joyau de sa collection était-il un remarquable staphylin néo-zélandais.
Il va sans dire que cousin Bénédict, en payant une forte prime, avait fait assurer sa cargaison, qui lui semblait bien autrement précieuse que tout le chargement d'huile et de fanons arrimé dans la cale du Pilgrim.
Au moment de l'appareillage, lorsque Mrs. Weldon et ses compagnons de voyage se trouvèrent sur le pont du brick-goélette, le capitaine Hull s'approcha de sa passagère.
« 11 est bien entendu, mistress Weldon, lui dit- il, que si vous prenez passage à bord du Pilgrim, c'est sous votre propre responsabilité.
— Pourquoi me faites-vous cette observation, monsieur Hull? demanda Mrs. Weldon.
— Parce que je n'ai pas reçu d'ordre de votre mari à cet égard, et qu'à tout prendre un brick-goëlette ne peut vous offrir les garanties de bonne traversée d'un paquebot spécialement destiné au transport des voyageurs.
— Si mon mari était ici, répondit Mrs. Weldon, pensez-vous, monsieur Hull, qu'il hésiterait à s'embarquer sur le Filgrim, en compagnie de sa femme et de
son enfant ?
— Non, mistress Weldon,. il n'hésiterait pas, dit le capitaine Hull, non, certes! pas plus que je n'hésiterais moi-même ! Le Pilyrirn est un bon navire, après tout, bien qu'il n'ait fait qu'une triste campagne de pêche, et j'en suis sur, autant qu'un marin peut l'être du bâtiment qu'il commande depuis plusieurs années. Ce que j'en dis, mistress Weldon, c'est pour mettre ma responsabilité à couvert, et pour vous répéter que vous ne trouverez pas à bord le confort auquel vous êtes habituée.
— Puisque ce n'est qu'une question de confort, monsieur Hull, répondi Mrs. Weldon, cela ne saurait m'arrêter. Je ne suis pas de ces passagères difficiles, qui se plaignent incessamment de l'étroitesse des cabines ou de l'insuffisance de la table. »
Puis, Mrs. Weldon, après avoir regardé pendant quelques instants son petit Jack, dont elle tenait la main :
« Partons, monsieur rjull ! » dit-elle.
Les ordres furent donnés d'appareiller aussitôt, les voiles s'orientèrent, et le Pihjrim, manœuvant de manière à dégolfer par le plus court, mit le cap
sur la côte américaine.
Mais, trois jours après son départ, le brick-goëlette, contrarié par de fortes brises de l'est, fut obligé de prendre bâbord amures pour s'élever dans le vent.
Aussi, à la date du 2 février, le capitaine Hull se trouvait-il encore par une latitude plus haute qu'il n'aurait voulu, et dans la situation d'un marin qui chercherait plutôt à doubler le cap Ilorn qu'à rallier par le plus court le i veau continent.