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d’une lésion en foyer, .car l'encéphale était. intact. J'ajoute que cette lésion dans la lèpre n est pas une pure coïncidance, car, dans un cas inédit de NÈSR Marie, il existe une sclérose bilatérale des cordons latéraux. > ; LOT
Lé cas dé ‘la malade que nous avons pu. suivre dans lé service de notre maître M. Hudelo, vient se joindre à ces faits. L'observation que nous rapportons reste purement clinique, mais elle montre, en l’absence de signes de syphilis, des symptômes d'irritation pyramidale s’associant à l’évolution d’une lèpre à ee fois cutanée et nerveuse, et s’améliorant parallèlement
aux autres symptômes sous. l'influence du traitement chaulmoogrique.
NT hospitalisée à Saint-Louis dans le service de M. Hudelo, au n° 8 de la salle Du Castel.
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La malade (1) est une domestique d’origine martiniquaise, de race blanche, âgée de trente-sept ans. environ, débarquée en France,le 5 juin 1924 et qui, brusquement, en pleine santé, alors qu’elle. se trouvait à Lyon, en août°1925, a été prise d’un état infectieux, avec frissons, céphalée, courbature, asthénie, anorexie. En même temps, elle ressentait des fourmillements désagréables dans les pieds.
Vers la même époque, elle remarqua une petite tuméfaction dans le sein, qui était douloureuse à l’époque des règles. Elle vint à Paris, fut examinée dans le service du professeur Gosset et y fut opérée le 15 août. La tumeur fut extirpée sans ablation du sein.
Pendant la convalescence de l’opération, une éruption apparut successivement sur les mains et les membres supérieurs, puis sur la face, enfin sur les membres inférieurs et les pieds. La malade fut transférée de la Salpêtrière à Saint-Louis le 7 octobre.
C’est alors qu’on put suivre chez elle l’évolution d’une lèpre à marche rapide. Les éléments cutanés étaient les uns de type érythémateux, les autres de type tuberculeux. Les taches érythémateuses, non douloureuses, légèrement prurigineuses, d’abord lenticulaires, puis en placards plus vastes, largement squameux, étaient disséminées sur la face, plus confluentes sur les membres inférieurs, engainant les orteils, formant à la plante de vastes épaississements kératosiques. Les tubercules infiltrés, de teinte bistre terne, farcissaient les bras, la. face, les joues, le nez, le menton, le lobule des oreilles, déformant profondément les traits du visage qui prit l’aspect léontiasique, mais se retrouvaient également en placards sur les mains déformées en pattes de crapaud et surtout sur les jambes où de vastes plaques épaissies et dépigmentées alternaient avec les taches érythémateuses.
1] y avait un peu de fièvre, un peu d'infiltration de la muqueuse pituitaire ne se rétractant pas par la cocaïne ni par l’adrénaline. Pas d’adénopathie, aucun trouble viscéral.
Mais jl’examen du système nerveux révélait des signes de polynévrite grave. La parésie était globale, généralisée aux quatre membres, mais plus marquée aux membres inférieurs qu'aux membres supérieurs. Elle atteignait son maximum sur le territoire du sciatique poplité externe gauche. De ce côté,
(1) Bulletins et mémoires de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris. Séance du 11 juin 1926, p. 971. Communication de MM. Hudelo, Mouzon et Duhamel: « Sur un cas de lèpre nerveuse avec tremblement et symptômes de la série spasmodique (Lèpre à forme mixte d'emblée). »,
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le pied était tombant, la force musculaire était très diminuée, mais nulle part elle n’était abolie complètement.
Les douleurs étaient assez intenses pour empêcher à peu près. complètement le sommeil. Cétaient, aux quatre membres, des fourmillements, des engourdissements pénibles, auxquels s’ajoutaient, de temps en temps, dans la continuité des membres. inférieurs, des douleurs fulgurantes comparables à des secousses électriques.
La pression des masses musculaires était très douloureuse sur les éminences thénar et hypothénar, sur les avant-bras, à un moindre degré sur les masses musculaires des jambes et de la plante des pieds. Les mêmes masses étaient légèrement amyotrophiées.
La pression des nerfs Abe et sciatiques poplités externes. était indolore, mais les troncs nerveux étaient mettement augmentés de volume. nr
Les sen$ibilités objectives étaient fortement diminuées aux membres inférieurs; l’anesthésie était à son maximum au niveau des placards dépigmentés; elle affectait surtout Ë sensibilité au chaud et au froid.
Deux particuiarités, cependant, étaient remarquables : un tremblement rapide, à petites oscillations, généralisé aux quatre membres, non influencé par les mouvements; d’autre part, une grande vivacité de tous les réflexes tendineux, avec clonus de la rotule du côté gauche.
La réaction de Wassermann, la réaction de Hecht, la réaction de floculation étaient négatives, la réaction de Desmoulières. était à H5.
Un premier examen du mucus nasal ne permettait pas de retrouver de bacille de Hansen, mais un examen ultérieur fait à la fin de.juin s’est montré positif, le prélèvement ayant été fait cette fois après scarification de la muqueuse nasale.
La ponction lombaire donnait un liquide en gouttes pressées, clair, ne contenant que 0,8 éléments à la cellule de Nageotte, 0,20 pour 1.000 d’albumine, avec réaction de MR ret réaction du benjoin colloïdal négatives.
Evolution. — Un traitement est institué par piqûres de collobiase de chaulmoogra, par l’éther chaulmoogrique, puis de nouveau par la collobiase (9 octobre au 29 avril) avec repos de trois semaines toutes les six semaines environ.
Sous ce traitement, la fièvre tombe rapidement, La bouffissure de la face, l’infiltration des mains et des pieds se résorbe, les tubercules des jambes s’affaissent, l’amélioration cutanée
est remarquable. La paralysie du sciatique poplité externe s’atténue également.
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Cependant quelques nouveaux symptômes apparaissent sous le traitement même.
Ce sont d’abord des phlyctènes qui se forment successivement au bord externe du pied droit (16 octobre), puis au bord externe de la phalangette du médius droit (11 novembre), à la phalangette du médius et de l’annulaire du côté gauche (24 novembre), enfin sur l’éminence hypothénar gauche (10 décembre).
D’autre part, la malade accuse des douleurs articulaires des doigts et du genou gauche.
Enfin une paralysie complète du sciatique poplité externe droit se constitue sans nouvelle douleur, le pied se place en varus équin; la paralysie est totale sur le jambier antérieur, les péroniers latéraux, les extenseurs des orteils.
À ce moment (17 décembre), tous les réflexes tendineux sont vifs et amples: rotuliens (plus à droite qu’à gauche), achiiléens, olécraniens, radiaux. Il n’y a pas de clonus du pied, mais le clonus de la rotule est manifeste et inépuisable à gauche, ébauché à droite. Le réflexe plantaire se fait habituellement en flexion, mais de temps en temps en extension. Les réflexes abdominaux sont normaux. L’anesthésie superficielle est complète à droite sur le territoire, d’une hotte qui remonte jusqu’audessous du genou; cette anesthésie n’a pas de limite nette et n’est pas dissociée. Les sensibilités profondes sont légèrement ‘ troublées pour le gros orteil droit. Sur la jambe gauche, le même territoire est simplement le siège d’une hypoesthésie cutanée à tous les modes. Légère hypoesthésie cutanée sur les avant-bras et sur les mains, surtout du côté gauche.
À la fin de février 1926, les douleurs ont disparu, les derniers tubercules sont résorbés et laissent seulement des macules dépigmentées alternant avec les plaques bistres, reliquats des taches érythémateuses.
I1 ne se produit pas de nouvelles phlyctènes; les anciennes sont cicatrisées.
L'état général est excellent, la température rigoureusement normale. | |
Cependant dans le cours du mois de mars de nouvelles douleurs apparaissent dans les membres inférieurs: sensations d’engourdissement et parfois de secousses électriques.
Le 15 avril on note eacore une paralysie complète et atonique du sciatique poplité externe droit; parésie flasque de tous les groupes musculaires des membres inférieurs, plus marquée du côté droit; léger affaiblissement musculaire des muscles des éminences et des interosseux à la main gauche; amyotrophie
modérée.
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Réflexes rotuliens: vifs, brusques, souples, polycinétiques. Réflexés achilléens normaux et symétriques. Pas de clonus
du pièd.
Cionus inépuisable et régulier de la rotule du côté gauche.
Ebauche de clonus de la rotule du côté droit. Un tracé de clonus pris par M. Binet montre qu’il s’agit bien d’un clonus vrai, parfaitement rythmé.
Réflexe plantaire aboli à droite, en extension intermittente
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Phénomène de Strümpell du côté gauche.
Réflexes très vifs, mais symétriques, aux membres supérieurs.
Il persiste un tremblement généralisé, menu, rapide, intéressant la racine des membres aussi bien que l’extrémité, s’étendant à la langue, sans caractère intentionnel, maïs cessant dans le repos complet.
Aucun trouble sphinctérien.
Aucun irouble sensoriel. Réactions pupillaires normales.
Pas de douleurs à la pression des masses musculaires.
Nerfs cubitaux gros et indolores dans la gouttière rétroépitrochléenne. Nerf sciatique poplité externe gros à gros ét indolore à droite.
gauche, très
Hypoesthésie cutanée à tous les modes, sañs topographie
précise, sur les avant-bras et sur les mains, surtout du côté. *
gauche.
Anesthésie cutanée à tous les modes sur le pied et la jambe des deux côtés, jusqu’au-dessous du genou. Cette zone d’anesthésie s’étend du côté droit. sur la face antéro-externe de la jambe, jusqu’au-dessus de la rotule. Du côté gauche, il y a seulement forte hypoesthésie sur le territoire correspondant. Légère hypoesthésie cutanée sur le reste des membres inférieurs. Nulle part on ne retrouve de dissociation thermo analgésique. Sensibilité profonde normale, sauf pour le gros orteil droit.
Pas de trouble trophique ni vaso-moteur.
Le 29 avril, la malade passe à la Salpêtrière pour l’établissement d’un appareil prothétique, correcteur de la paralysie de la jambe droite.
Le 8 juin, elle revient à Saint-Louis dans le service de M. Hudelo, où elle est encore actuellement.
Le 18 juin. on reprend une série d’injections de collobiase de Chaulmoogra.
Le 3 juillet, au cours d’un nouvel examen, on note quelques
modifications des troubles nerveux: le clonus de la rotule
semble avoir disparu, le signe de Babinski éxiste toujours du côté gauche, mais de façon intermittente. La paralysie du sciatique poplité externe droit est notablement améliorée : la