‹ Un Cas de Pseudo-Tuberculose du Péritoine Secondaire à une Perforation d'EstomacChapitre 6 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La constatation sur le péritoine, lors d'opérations dirigées contre des ulcères ou des cancers de l’estomac, de petites granulations très analogues aux gra-

nulations tuberculeuses, a plusieurs fois été signalée.

Et tour à tour, Lecène et M. Moulonguet en France, Alessandri, Braudes et Fedorovitch, entre autres à l’étranger, se sont attachés, par la publication de très belles observations, à souligner l’hésitation que ces lésions pouvaient faire naître dans l’esprit d’un observateur mal renseigné. Et en fait, le fin granité que ces éléments minuscules, gris blanchâtres plus ou moins confluents, dessinent sur la séreuse péritonéale est bien propre à engendrer la confusion avec une tuberculose péritonéale.

Cependant, les nombreux examens anatomo-pathologiques auxquels ces granulations ont fourni matière n’ont en aucun point permis de retrouver les caractères classiques des follicules tuberculeux. Par contre, la constatation constante dans la zone centrale de la

J. Lapeyre 4,

granulation d’un-corps étranger, dont la nature est variée, a permis de penser à un processus réactionnel péritonéal : authentique tumeur bénigne par corps étranger (lirruption dans le péritoine de celui-ci étant nécessairement secondaire à une perforation de l’estomac).

Et, en effet, tous les cas observés l’ont été à l’occasion d'interventions dirigées sur une lésion ulcéreuse ou néoplasique de la paroi digestive.

Il est à peine besoin de souligner l'importance de tels faits, puisque la constatation des ces granulations péritonéales, outre le problème diagnostic considérable qu’elle pose avec la tuberculose, vient affirmer qu’il s’est produit, à un moment quelconque de l'histoire évolutive de l’ulcère ou du néoplasme, une perforation. On conçoit combien ce renseignement peut être précieux pour décider de la conduite à tenir, de la technique chirurgicale à employer.

Aussi, l’observation très récente d’un cas de pseudotuberculose du péritoine, relevée à l'Hôpital de Vaugirard, dans le service de clinique thérapeutique et chirurgicale de notre Maître, M. le Professeur Duval, nous a-t-elle paru mériter notre attention.

M. B..., âgé de 42 ans, entre dans le Service, le 8 août 1939, inquiété par l’aggravation de troubles dyspeptiques dont il se plaint déjà depuis plusieurs années. Et de fait, dès l’abord, le masque amaigri, anémié du malade, retiennent l'intérêt et laissent présumer la sévérité de son affection.

L'interrogatoire retrouve chez ce malade un long passé

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digestif, dont les épisodes se déroulent de façon très évocatrice. C’est avec une précision d'horloge que tous les jours à la même heure, après les repas, ce malade se plaint de brûlures gastriques très pénibles dont les alcalins parviennent à peine à éteindre le feu. Seuls les vomissements, très fréquents, surtout ces derniers temps, lui apportent un soulagement, mais ne manquent pas de l’impressionner parce que souvent rougis de sang. Ses selles enfin sont toujours noirâtres, poisseuses.

L'examen immédiatement orienté vers l’estomac par un tableau aussi classique, reste dans l’ensemble négatif. Tout au plus, peut-on noter sur la paroi, outre un certain degré de déshydratation, une hyperesthésie de la région épigastrique. La palpation profonde de celle-ci détermine, chez le malade, un instinctif mouvement de défense.

Le reste de l’examen est dans l’ensemble négatif au point de vue viscéral.

Une radio après repas baryté vient confirmer l’existence à la partie moyenne de la petite courbure d’un ulcère que trahit une niche typique avec bulle gazeuse.

Les examens de laboratoire conseillent cependant une prudente temporisation. Les urines ne contiennent ni sucre ni albumine. Le taux d’urée sanguine est banal : 0,29. Mais un examen hématologique fournit les renseignements suivants : T. S. : 1’ —T.C.:5—T.h.:40%.

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Aussi deux petites transfusions seront-elles nécessaires, et lorsque le malade est opéré le 14 septembre 1939, le taux des globules rouges est remonté à 4.000.000.

A l'intervention, on note l'existence d’un ulcère de la

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