SCÈNE IY
FADINÀRD, seul.
Enfin... dans une heure, je serai marié.., je n’entendrai plus mon beau-père me crier à chaque instant : « Mon gendre, tout est rompu !... » — Vous êtes-vous trouvé quelquefois en relations avec un porc-épic ? Tel est mon beaupère!... J’ai fait sa connaissance dans un omnibus... Son premier mot fut un coup de pied... J’allais lui répondre un coup de poing, quand un regard de sa fille me fit ouvrir la main... et je passai ses six gros sous au conducteur... — Après ce service, il ne tarda pas à m’avouer qu’il était pépiniériste à Charentonneau... — Voyez comme l’amour rend ingénieux... Je lui dis : « Monsieur, vendez-vous de la graine de carottes? » — Il me répondit : « Non, mais j’ai de bien beaux géraniums. » — Cette réponse fut un éclair. « Combien le pot ? — Quatre francs. — Marchons ! » — Arrivés chez lui, je choisis quatre pots (c’était justement la fête de mon portier), et je lui demande la main de sa fille. — « Qui êtes-vous ? — J’ai vingt-deux francs de rente... — Sortez! — Par jour! — Asseyez-vous donc I » — Admirez-vous la laideur de soc caractère! — À partir de ce moment, je fus aomis à partager sa soupe aux choux en compagnie du cousin Bobin, un grand dadais qui a la manie d’embrasser tout le