SCENE XVT
En eiïel.
LK DOCTEUR
JOBIN
C'est un cheveu (le sa perruque!... Ah! ah! ah!...
LE DOCTEUR
Et c'est là ce qui vous a rendu amoureux?... Ah ! ah ! ah !
BADUREAU, altéré.
Ah! comme amant, comme perruquier, je reste confondu...
Air de Turenne.
Mais a quoi tient la destinée humaine ! A-t-on jamais vu rien de tel ?
Un vil cheveu que le zéphir promène Peut donc changer le destin d'un mortel ! Que tu m'as fait de mai, cheveu cruel I (Avec un sentiment de bonheur.) Mais je lui dois le bonheur de ma vie ; Montrons-nous juste envers un bienfaiteur! {Il lève les doigts et dit avec ûine.) Noble exilé ! Je te dois le bonheur !
(// donne une tape sur la tête du docteur et y dépose le cheveu.) Et moi je te rends ta patrie !
Pardon, Monsieur...
Et moi, je te rends ta patrie !
JOBIN, riant.
C'est égal. Monsieur l'a très bien gobé, lui qui
embrassait ce cheveu a\ec tant de vivacité... Ah! ;.h ! ah !
BADCHKAU.
(resl donc comme ça que tu brosses mes habits, animal ?.. {Il donne U7i coup de pied à JolAn.)
JOBIN
Vous croyez me surprendre?.. Vous ne me surprenez pas... je l'attendais!
CHŒIR.
Air : Vive la mitraille.
Quand l'amour enivre, Tout vient s'embellir !
On demande à vivre, On craint de mourir !
BADUREAU.
Air : Baiser au porteur.
Vous avez vu la chance infortunée
Que d'vait attcndr' près d' moi le dévoûraent :
Dans leur lièvre désordonnée.
Mes pieds toujours étaient en mouvement...
{A Jobin.) Tu n'as plus rien à craindre, maintenant. L'hymen, je crois, va me rendre tranquille, Mais, je bénirais mes destins.
Si, pour ce soir, ce mouvement fébrile Pouvait passer de mes pieds dans vos mains. Si, pour ce soir, ce mouvement fébrile Pouvait atteindre et vos pieds et vos mains.