SCENE PREMIERE
CRANIER, JOLIVET
Granier est occupé à écrire lorsque le lieutenant Jolivet entre. Cranier se lève, salue et se rassied.
JOLIVET
Rien de nouveau?
CRANIER, lui tendant une lettre.
Une lettre pour vous, mon lieutenant.
JOLIVET, décachetant la lettre et lisant.
« Mon cher ami,
« Je te recommande chaudement M. de la Mouillette, un jeune homme qui m'a été recommandé d'une façon toute spéciale par des amis. Ce garçon, qui a appartenu, paraît-il, pendant huit mois, au 224^ d'infanterie a obtenu de permuter avec un soldat de ton régiment.. . C'est un jeune homme fort bien élevé qui donnera j'en suis sûr toute satisfaction à ses
chefs. Ton vieux camarade de promotion : Sigisbert... » (Au fourrier) Dites donc Cranier, vous connaissez ça, vous, de la Mouillette?
CRAMER
De la Mouillette?... Oui, oui, mon lieutenant... Il est incorporé chez nous à la date d'aujourd'hui; mais il n'est pas encore là... Il a jusqu'à raidi...
JOLIVET
Alors, c'est parfait. On me le recommande... Quand il sera arrivé, vous me préviendrez...
CRAMER
Bien, mon lieutenant.
JOLIYET
A propos, qu'est-ce que c'est que cette affaire d'hier soir?
CRANIER
Quelle affaire, mon lieutenant?
JOLIVET
Vous n'êtes pas au courant?.. .
CP^VNIER
Non, mon lieutenant.
JOLIVET
11 y a un homme de chez nous qui a flanqué une tripotée à un civil... Il paraît qu'il l'a arrangé proprement. .. Le civil a adressé une plainte au colonel qui s'occupe d'ouvrir une enquête. . .
CRAMER
Je n'ai rien entendu dire, mon lieutenant.
JOLIVET
L'animal ne s'en vante pas naturellement. Le civil n'a pu donner qu'un signalement assez vague; le pugilat ayant eu lieu hier soir dans la rue... Enfin nous verrons. ..^
Il sort.