faible
(3) On connaïît l'ironie de Congreve sur lui : … < RSS « Grave, gourmand et paresseux, comme le philosophe français prouvait son
existence pee Cogito, ergo sum, de même ia meilleure preuve de l'existence
de Gay est
: edit, ergo est.
(Congreve à Pope, Elwin VII, 135).
“ Re et 397 —
‘Dennis lui survit pour reprendre sa querelle avec Pope (1), et “pour finir mal. . - 2
Il restait Southerne pour donner les relations connues à son
d sujet, puis Pope et Swift qui, à côté d’un Gray ou d’un James Thomson devaient conserver sa mémoire à l'attention de la postérité. Il faut espérer que le pontife littéraire de l'ère nou- velle, Pope, à la surprise de Lady Mary, n’a pas cessé d'admirer le poète mème après la lecture d’un testament qui l’ignorait. (2)
Lord Lyttleton prend même le soin de lui donner un legs bien autrement précieux du poète dans les vers (3) écrits à Rome dans lesquels, en 1730, il l’appelle : es |
Immortal bard.… :
Preserved our geniuses to restore :
- When Addison and Congreve are no more cn ___ After so many stars extinct in night + The darkened age’s last remaining light.
Swift absent et de plus en plus malade, reste dans la vie du poète seulement par la correspondance dont nous avons parlé, et à laquelle l’avenir ajoutera peut-être de nouvelles lettres qui .
” certainement ont été échangées entre lui et le poète. Quant à Lady Mary, cette « égoïste par tempérament et par éducation », comme la nomme Mr. Huchon, elle est restée en tout cas fidèle au poète, car dans sa lettre du 23 Juin 1754,
(1) Dès 1728 la Dunciade l’attaque violemment. Il répond par la « Letter against Mr. Pope at larger», publiée sans signature dans le Daily Journal 11 mai 4798 et en, 1729 par Some Remarks upon several passages in the preliminaries of the Dunciad.
2) Pope courted with the utmost assidulty all the old men from who he could hope à legacy, the Duke of Buckingham, Lord Peterborough, Sir G. Kneller Lord. Bolingbroke, Mr, Wycherley, Mr. Congreve, Lord Harcourt, etc. and I do not doubt projectéd to sveep the Dean’s whole inheritance, if he could have per-
suaded him to throw up his deanery and come die in his house. » : Letter to the Countess of Bute, Lovere, June 923, 1752. (3) Insérés parmi les vers élogieux dans l'édition de 1736, des œuvres de Pope.
-rappelant à la Comtesse de Bute feu le romancier Fielding, fait 2 le rapprochement suivant : «Lord Bolingbroke aurait cité Horace ; à ce sujet. Depuis que je suis de ce monde, il n’est pas paru : d’original, sauf Congreve et Fielding, qui se soit tant rapproché, : je crois, de ses excellentes qualités, s’ils n’avaient pas été forcés de publier leurs œuvres sans les corriger » (1). (Ces dernières paroles concernent plutôt Fielding).
Mais celui qui a le plus fait pour Congreve, pour consolider son nom au XVIIF siècle est certainement Horace Walpole.
Si l'épitaphe d’Henriette n’a pu paraître au difficile critique et bel esprit qu’insipide, (2) à cause « du mauvais style et de l'orthographe », celui qui trouvait tant de malice pour « The Beggar’s Opera » ou le « Vicar of Wakefield » était un enthousiaste des œuvres de Congreve. C’est lui qui a donné une des
meilleures critiques de la comédie de Congreve, comprise avec
une largeur de vues qui ne trouve de pendant que chez le brillant Lamb. Dans ses lettres, le nom de Congreve apparaît sou-
vent et de même qu’il défend l’homme contre Voltaire — comme
nous l’avons vu — il défend le poète, « qui bien qu’il ne soit pas toujours naturel, l’emporte par l’esprit sur tous les écri-
.vains » (3). « The Way of the World » et « The Double Dealer »
paraissent l’avoir intéressé le plus. En tous cas il aime citer
(1) La même mauvaise foi envers Pope que celle qu'elle avait montrée dans la question du testament, apparaît dans la lettre de Madame du 3 juin 1735, à Arbuthnot : « I am seriously concerned at the worse scandal he has heaped on Mr. Congreve who was my friend whom I am obliged to justify beeause 1 can do it on my own knowledge and, which is yet further, being witness of it, from those who were then often with me, that he was so far from loving Pope’ S rhyme ; both that and his conversation were perpetual jokes to him, exceedingly despicable in his opinion, and he has often made us laugh in talking of them, being particularly pieasant on that subject ». (But Lady moe is not trustworthy-Elwin.)
(@) Silly. PA
(3) To the Countess of Upper osorr, 29 août 1785. <a
nn. Millamant (1) et selon lui, si « l’Enéide n’est qu’une | fade imitation d'Homère, son héros est une - nullité comme . - ” Mellefont ».
Amateur de « Genteel oteds », Qui ne pourrait s une sans une réelle connaissance des mœurs — ce qui ferait la supériorité de Congreve qui a vécu comme un homme du monde -— il se demande si « le Dr. Johnson et tant d° autres dont 2 ’ignore les noms, intéresseront JF époque suivante comme Addi- re son, Prior, Pope et Congreve, et si le général Gage et Sir Peter Se Parker arriveront à la renommée de Marlborough (2). C’est de Jui que nous apprenons (3) que malgré des circonstances -poli- ea : tiques plutôt ingrates, le Prince de Galles, toujours de bonne 0 humeur, « est sur le point de jouer Pâris dans le masque de Le Congreve ». Plus caractéristique encore est ce que nous appre- re nons dans la lettre de Paris à George Montagu (16 Oct. 1765), à Fe savoir, une liste sommaire des poètes anglais et des prix auxquels on peut se les y procurer. Entre les huit volumes de SHRE E kespeare à-vingt et une livres et les douze volumes de Swift à vingt-quatre livres (4), les trois volumes de Congreve ne sont pas trop bon marché à neuf livres. Horace Walpole achètera donc les livres pour faire la commission de son ami; qui s’intéresse plus à Congreve que par exemple « le pauvre curé irlandais, ce Mr. Stratford, pas mal toqué malgré ses quarante-cinq ans », auteur de la tragédie Lord Russell et qui n’a pas la moindre idée de la simplicité des caractères et de la pature humaine, pas plus e que de la comédie, parce qu’il avoue lui-même qu’il n’a jamais ouvert un Congreve ou un Vanbrugh (5). Congreve sera suffi-
(1) To the Rev. William Mason, Nov. 1, 1780.
(2) To The Rev. Mason, Sept. 17, 1776.
(3) To Horace Mann, Mai 11, 1745.
(4} Francs. 2 ; É (5) To the Rev. W. Mason, 14 Avril, 1782.
S SN er
samment vengé de cet affront par Miss Mary Berry, « étant l’auteur favori de sa Seigneurie » (1). Suavissima Maria, une des deux twin wives de Walpole, aura sans doute été initiée à l’amour de Congreve par celui-là même qui terminait des lettres adressées à elle et à sa sœur Agnès par : Et Adieu, mes y à Horace Fondlewives ». E
Aussi ce dernier, racontant une partie de plaisir à Stowe, conduite par la princesse RE et Lady Ann Howard et ému par les souvenirs qui sé rattachaient à ce lieu, n’oublie pas de mentionner à Lord Montagu les noms de Pope, Congreve, Kent, Gibbs, Lord Gobham, Lord’ Chesterfield.… la cohue des neveux. le prince de Galles. (2): L
Le nom de Congreve était fréquemment dans les conversa- “tions du Dr. J ohnson. A ses réunions (3), le Sage prétendait parfois, en présence de Garrick, que Congreve est plus parfait comme écrivain que le génial poète « incapable de résister à la tentation de faire un jeu de mots. » Et c'était devenu l’objet d’une taquinerie courante. L'intervention de Murphy incitait le lexicographe à s’expliquer, et alors Johnson citait de nouveau la tirade de « The Mourning Bride », d’après lui la plus parfaite poésie jamais écrite, tandis que l’idole de Garrick « n’a pas six vers de suite sans une faute ». Si « les œuvres de Congreve ne peuvent pas rendre l’homme meilleur » —-et Johnson fait là-dessus toutes les restrictions de nature morale, il s’en souvient assez fréquemment dans ses conversations, quand, par éxemple, il n’hésite pas à comparer Mrs. Thrale à Millamant « dans son horreur de la campagne et de tout ce qui tient
() To Miss Mary Berry, 6 Sept. 4795.
(2) 7 Juillet 1770.
(3) Boswell's Johnson. Piozzi’s anecdotes,
| Congreve, . ot glory of our age | whole Menander a the English stage. ee Ve : ë rs a F ES C'est aussi à cette époque que fleurit la biographie du: poète, ie ancée-par le compte-rendu de Southerne. C'est d’ailleurs. l’âge d’or de Congreve, alors que son école brille d’un dernier éclat
avec Sheridan.
Les romantiques — en dépit de son classicisme de facture, prendront sa défense, fascinés par son esprit pétillant et la vivacité de ses héros-marionnettes. Il serait difficile de mieux louer le poète que l’école, exempte de préjugés, des Hazlitt et Leig Hunt et de mieux s’ingénier à convaincre une époque “d'esprit lourd, que l’ont fait les Lamb.
Mais si ces têtes brillantes s'étaient familiarisées avec Con-
greve (1), à l’époque victorienne, il était fatal que sa renommée subisse une éclipse (2). Il ne faut pas oublier cependant que l’exceptionnel Meredith va le sauver et que Swinburne marchera sur ses traces pour proclamer Congreve « le plus grand maître anglais de pure comédie » (3). À Mr. Gosse, comme aux temps nouveaux, Congreve est redevable surtout d’une biographie modèle. |
Et pendant qu’autour du nom de Congreve les siècles amassaient une assez riche matière d’histoire littéraire, due aux plumes les plus illustres de la critique et de la poésie, des pièces familières au XVIII° siècle entraient au XIX° siècle dans un triste oubli avec le drame entier de la Restauration. Mais la reprise récente de Love for Love par la « Stage Society », à Londres, et celle de The Way of the World (4) ont fait rire aux éclats une salle comble composée d’un public choisi, au temps d'Hazlitt, Congreve avait d’ailleurs enregistré un succès tout aussi grand, grâce au jeu parfait de l’acteur Munden.
Et nous nous demandons alors : qu’arriverait-il si une société littéraire mieux dotée et subventionnée par l'Etat prenait à cœur de jouer régulièrement et avec des acteurs de marque les chefs-d’œuvre de Congreve ? Y aurait-il quelque chose de mieux
(4) Hazlitt nomme Coleridge, faute d’une épithète plus bénigne « The secret Tattle of the Press » « our unread author, the secret Tattle of the Press » (v. Political Essays). Lamb se rappelle sa troisième pièce : it was The Way of World. I think I must have sat at it as grave as a judge, for I remember the hysteric affectations of good Lady Wishfort affected me like some solemn tragic passion. Robinson Crusoe followed... I saw these plays in the season 1781-82 when I was six to seven years old. » (Essays of Elia).
(2) Lamb disait déjà : « Congreve and Farquhar show their heads once in
seven yars only to be exploded and put down instantly. The times cannot bear them.
{8)Cnf. aussi « Congreve excepted Shakespeare is certainly our best comic writer and the highest compliment eyer-paid to Sheridan was when he was called the modern Congreve. » Geneste, II, 295. Se
(4) Plus de 100 représentations au théâtre Lyric (Hammersmith). « The Cld Bachelor » va aussi être repris.
réussi ? On parle de la mort de la comédie de la Restauration. Ne croyait-on pas la même chose de « The Beggar’s Opera » et de « Polly » ? La scène anglaise a-t-elle enregistré succès plus fou que ces petites drôleries ? D'autre part Shakespeare n’a-t-il - pas mené à des faillites répétées, et son dernier « home », « The Old Vic » n’aurait-il pas fermé ses portes cette année, n’eut été le don de £30.000 d’un philantrope ? Que résulterait-il au fond de tout le drame classique en général sans les sacrifices de l'Etat et des institutions artistiques et philantropiques ? Si V'Etat et ses institutions ne prennent pas sur eux de soutenir Congreve, la faute en est à la critique qui, entravée par des préjugés et aveugle aux beautés insoupçonnées, préfère enterrer que faire revivre. - |
Ce qui n’a pas été le but de cet ouvrage.