SCENE XIL
TIENNETTE, DE LANCEL, puis JENNIE.
TiEiNNETTE. Hé!as ! oui, capitaine; j'aime le chevalier, et je viens m'assurer s'il me trahit.
LANCEL. N'avez-vous pas rencontré une femme?
TIENNETTE. Pardon, capitaine... la vôtre, et c'est pour cela que je doute; madame la comtesse a trop de dignité , trop d'honneur pour manquer à ses devoirs.. .
LA^CEL. Je le croyais aussi... mais il y a rendez-vous donné...
TIENNETTE. Je le .'^ais!
LANCEL. Un billet écrit... un éventail envoyé...
TIENNETTE. Oh! dcs apparences effrayantes... j'en conviens... mais je ne veux pas condamner sans entendre. .. et pour être sûre de mon fait... je \ais me mettre là, dans ce cabinit... d'où je ne perdrai pas un 'mot de leur conversa! ion...
LANCEL, ré fléchissant. Dans ce cabinet... c'est une idée...
TIENNETTE, à part. Il y vient.
LANCEL. Merci.
TIENNETTE. Chut ! je Ics entends. Cachezvous.
Elle désigne la porte du fond, et en même temps elle ouvre la porte du cabinet pour donner passage à de Lancel.
TIENNETTE. A merveille î De peur qu'il ne sorte trop tôt, le plus prudent est de l'enfermer. {Elle fait doucement tourner la clef du cabinet, qu'elle laisse dans la serrure.) Là, et maintenant à ma rivale.. . {Elle va vers la porte à gauche y et parlant à voix basse.) C'est fait, vous pouvez entrer.
JENNIE , enveloppée d'une mantille. Mon mari?...
TIENNETTE. Difficile à apprivoiser... mais il est là...
JENNIE. Voici l'instant... j'ai peur!...
TIENNETTE. Il s'agit de vous justiûer et de les sauver tous deux... Courage, madame la comtesse!.,.