‹ Un conte bleu: comédie-vaudeville en un acteChapitre 7 sur 16 · SCÈNE yi · texte numérisé non relu

SCÈNE yi

TIENNETTE, DE YERSAC.

TIENNETTE. Oh! c'est abominable !.». c'est infâme, monsieur... Les officiers m'ont tout appris... vous m'avez trahie, et vous allez vous battre.

VERSAC. Oui, Tiennette, je vais me battre, c'est vrai.. . mais je suis resté pur...

TIENNETTE. Vous oscz me soutenir...

VERSAC. Rien! je n'ai eu qu'un tort...

Je me suis livré à un jeu d'esprit où je n'ai pas eu de chancv?.

TIENNETTE. Vous avcz douc mcuti?

VERSAC. J'ai brodé... Ne m'accablez pas... Le temps presse... je vais faire mes dispositions , car peut-être ma race va s'éteindre... je suis le dernier des Versac... O Tiennette ! j'avais pourtant conçu le doux projet que tu m'aiderais à perpétuer ce nom illustre!...

TIENNETTE. Pauvre garçon î

VERSAC. Ne pleure pas, faible femme, et recueille mes dernières volontés... Tiennette, je vous lègue et donne le vieux château desVersac avec ses dépendances... ou plutôt sans déi>endances... car il n'en a pas... Fi donc ! il ne dépend de rien, rien ne dépend de lui. .. c'est le plus indépendant des châteaux.

TIENNETTE, ému8. Ah !

VERSAC. Item, je vous lègue et donne cinquante louis... que me doit ce mauvais payeur de Lortal... Vous les emploierez à solder les gages de Caraby... et vous fournirez le reste...

TIENNETTE, tirant Fon mouchoir et s'es^ suyant les yeux. Oui ! oui ! tout ce que vous voudrez ! vous me déchirez le cœur... Ah !

Elle sanglote.

VERSAC. Tiennette... ne sanglote pas...

garde ça pour plus tard... Afllige-toi, mais progressivement.... sois forte!.... (// lui prend son mouchoir et s'essuie les yeux en sanglotant.) Fais comme moi !...

TIENNETTE. Vous ! c'cst différent ! vous êtes un homme... Ah! tenez, je le sens, je ne vous survivrai pas...

VERSAC. Console-toi, jeté survivrai!

TIENNETTE. Plaît-il?

VERSAC. Qu'est-ce que j'ai dit?... Ah!

pardonne à mon émotion... Adieu... adieu, Tiennette !

Air: Vive un club, mes amis!

Je pars, mais plein d'espoir De pouvoir bientôt te revoir.

Ah ! qu'il me serait doux De l'ouvrir les bras d'un époux !

MAGASIN THÉÂTRAL

L'amour va dans ce jour Protéger ici mon retour

Quand on sert son autel Ne doit-on pas être immortel ?

Compte sur moi: si, dans cette équipée, Le sort permet que sa funeste épée Cause mon trépas , Dans ce cas-là ne m'attends pas;

Ma chère enfant, Dans ce cas là ne m'attends pas,

ENSEMBLE

Qu'il m'est doux cet espoir, De pouvoir bientôt vous revoir l

Ah ! qu'il me serait doux De trouver en vous un époux 1

Je bénirais l'amour S'il protégeait votre retour.

Dans cet instant cruel Je voudrais vous voir immortel.

VEKSAC.

Je pars, mais plein d'espoir , etc.

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