‹ Un correspondant de Cicéron, Ap. Claudius PulcherChapitre 38 sur 106 · JUSQU'A L'ARRIVÉE DE CICÉRON · texte numérisé non relu

JUSQU'A L'ARRIVÉE DE CICÉRON

A LAODICÉE (31 Juillet 51).

Ap. OaucUus resta gouverneur de Cilicie pendant deux ans (53-51). Au mois de mars 51, Gicéron fut désigné par un sénatus-consulte pour aller lui succéder '. C'était une conséquence de Ja loi portée par Pompée l'année précédente, et qui ordonnait que les consuls et les préteurs n'eussent de gouvernements provinciaux que cinq ans après leur sortie de charge. Pour attendre le moment où les magistrats de l'année 52 pourraient aller commander dans les provinces, on prit parmi les préteurs et consuls des années précédentes ceux qui n'avaient pas encore exercé de commandements hors de Rome.

1 . Le sénatus-consulte ne peut pas être postérieur ^u mois de mars parce que la lettre ad fam., III, 2, par laquelle Cicéron l'annonçait à Appius, a été écrite au plus tard dans la seconde moitié de mars (voir Appendice I). — Il est peu vraisemblable qu'il soit antérieur au mois de mars : outre que ce mois est précisément celui où l'on s'occupait à Rome de pourvoir au gouvernement des provinces, on peut présumer que le premier soin de Cicéron, dès le sénatus-consulte voté, fut d'avertir Appius et de se recommander à lui.

Les événements qui s'étaient déroulés à Rome pendant l'absence d'Appius étaient de nature à modifier assez diversement ses rapports avec Cicéron. Pendant cette période, le conflit entre César et Pompée s'était nettement dessiné. Pompée avait fait alliance avec la majorité conservatrice du Sénat : élu par elle « consul sans collègue », il avait pris des mesures qui, bien qu'immédiatement corrigées par une clause additionnelle en faveur de César, n'en constituaient pas moins une menace à son adresse*. Il avait fait élire consul pour l'année 51 M. Claudius Marcellus, aristocrate intransigeant; et Cicéron, avant son départ pour la Cilicie, avait pu voir ce magistrat proposer, avec l'assentiment tacite de Pompée, que la question du remplacement de César fut débattue au Sénat dès le ler mars 51. Enfin, Cicéron, comme il allait s'embarquer à Brindes pour l'Asie, au mois de mai 51, s'arrêta trois jours à Tarente, chez Pompée, et eut avec lui de très sérieux entretiens sur la politique générale : il en emporta l'impression que le grand homme était prêt à faire face aux dangers que l'on redoutait"^. Quelques semaines plus tard, il conseillait à Caehus, dans une lettre écrite d'Athènes, de se ranger du côté de Pompée, et lui disait qu'il se trouvait avec lui en parfaite conformité de vues politiques ^.

Ainsi le conflit entre César et Pompée se précisait de jour en jour. Cicéron, délivré par la mort de Clodius (janvier 52) du souci angoissant de son « salut », pensait à celui de la République et se ralliait à Pompée comme au gardien de la constitution. Ap. Claudius, chef d'une grande famille aristocratique, portant le même nom illustre que ce consul qui se mettait à la tête des adversaires de César, alhé enfin à la

1 . Nous voulons parler de la lex Pompeia de iure magistratuiim, qui décrétait l'obligation pour un candidat de venir se présenter lui-même aux électeurs. Pompée inséra dans la loi une clause exceptionnelle en faveur de César (cf. Ad Att., VIII, 3, 3).

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