‹ Un correspondant de Cicéron, Ap. Claudius PulcherChapitre 41 sur 106 · Adfani., III · texte numérisé non relu

Adfani., III

2. Cf. les deux inscriptions citées plus haut, p. 49, u. 3; en outre, deux cistophores d'Apaaiée portant [Ap.\ Pulcher Ap. [/".] itnp. et Pulcher imp. {C. I. L., I, 5'2G), et les lettres ad fam., III, 1 et 2, adressées Ap. Pulchro imp.

3. Cf. Ad fam., III, 4. — L. Clodius était le praefcctus fdbruin d'Ap. Claudius.

(( chose D *. L'entrevue de L. Clodius et de Cicéron à Corcyre ne paraît pas du tout avoir eu le caractère de celle que Cicéron attendait à Brindes. L. Clodius ne demanda aucun service au nom d'Appius. Il se contenta de prier très instamment Cicéron d'entrer dans la province non point par la Pamphylie, mais par la Phrygie. Phanias, affranchi d'Appius, avait dit à Cicéron, à Brindes, qu'Appius s'embarquerait à Side, et serait heureux si son successeur entrait dans la province de ce côté-là. L. Clodius donne à Cicéron un deuxième rendezvous; ce n'est plus à Side, mais à Laodicée, qu'il rencontrera Appius, car celui-ci veut être tout près de la frontière, afin de pouvoir quitter la province aussitôt -.

Cicéron était à quatre jours de marche de Lao licée, quand une lettre d'Appius-^ lui annonça que ses plans étaient encore une fois changés, et qu'il ne le trouverait pas au rendez-vous : il partait pour Tarse; d'ailleurs, il ne fallait pas pour cela abandonner l'espoir de se rencontrer. Tout autre qu'Appius eût été fort embarrassé pour annoncer pareille nouvelle. Mais lui, savait le moyen de se tirer des situations embarrassantes par l'eflronterie. Il paya d'audace. N'allait-il pas jusqu'à écrire que l'itinéraire adopté par Cicéron lui faisait concevoir des doutes sur la possibihté d'une rencontre ''? En effet, Cicéron entrait dans la province parla Phrygie, et pendant ce temps Appius serait à Tarse. Mais qui avait décidé Cicéron à entrer dans la province de ce côté-là, sinon Ap. Glaudius lui-même? Il allait plus loin encore : il s'enfonçait dans la province au moment où il aurait dû en sortir, et il avait le front d'écrire qu'il avait chargé Q. Scaevola de faire l'intérim pendant qu'il ne serait

i. Adfam., III, 4, 1.

!2. Ibid., 5, 3; 0, 2.

3. Cf. ibid., 5; 6, 4. C'est la lettre que uous désignons dans notre Appendice I par le chillVe III.

4. Adfam., 111, 5, 3 : Quod iiinerum meorum ratio te non nuUam in dubitationeni iiidelnr addud'.re, uisiirusne me sis in prouincia. Sur la contradiction entre ce pas.sage et Ad fam., III, tî, 4 : non dubiam spem mei conueniendi adferebas, voir Appendice I, lettre III.

60 UN COaitESPONDANT DE CICÉRON

plus là et que Cicéron n'y serait pas encore. Le moment était vraiment mal choisi pour donner une troisième fois' l'assurance qu'il n'avait rien tant désiré que de quitter la province au plus tôt. Mais le pire, c'est que Cicéron avait vu Q. Scaevola à Éphèse, était resté trois jours avec lui, et que ce dernier ne lui avait pas dit un mot de la prétendue délégation d'Appius.

Comment expliquer ces divers changements d'Ap. Claudius? Sont- ils dus, ainsi que le veut Drumann-, à son désir de ne pas rencontrer Cicéron? — Mais Appius avait le plus grand intérêt à s'entretenir avec son successeur : n'avait-il pas besoin de lui pour qu'il envoyât à Rome de bons témoins au cas, toujours possible, où il aurait à répondre d'une accusation de repetimdis? En outre, la répugnance à voir quelqu'un n'est pas un motif suffisant pour fuir à plus de mille kilomètres. Et comment expliquer qu'Appius se donne la peine de rendre la justice à Tarse, quand c'est désormais l'affaire de Cicéron? S'il est très regrettable, en général, que nous n'ayons pas les lettres d'Appius, nous devons particuhèrement déplorer la perte de celle-là, qui ouvrit la série des malentendus.

Rien n'est plus obscur que cette période des rapports de Cicéron et d'Appius, qui va du mois de mars au mois d'août 51. Il ne sont pas fâchés, mais leur amitié est troublée. Appius paraît en vouloir à Cicéron, nous ne savons trop de quoi. Cicéron l'assure de son dévouement, fait appel au sien : il use d'infinis ménagements pour adoucir l'humeur d'un homme qu'il sent fort mal disposé.

L'attitude d'Appius s'explique par des raisons d'ordre général, que nous croyons connaître, et par d'autres, plus particulières, qui nous échappent. Nous savons déjà la part qu'il faut faire au ressentiment que pouvait éprouver Ap. Claudius contre le défenseur de Milon. A ce ressentiment s'ajoutait,

-I. Ad fam., m. 4, 2; 6, 2.

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