‹ Un correspondant de Cicéron, Ap. Claudius PulcherChapitre 62 sur 106 · Ad Ait., VI · texte numérisé non relu

Ad Ait., VI

UN CORKESi'OiNDANT DE CICKRON 91

« souvenir des vains propos qui vous ont été tenus par les « gens de la province »'. C'est qu'il comprenait parfaitement quelle était la raison véritable de l'attitude d'Appius : une irritation qui n'avait sa vraie cause dans aucun lait précis, une jalousie qu'entretenait la vue de la province gouvernée par un autre et selon d'autres méthodes ; l'air du dehors dissiperait peu à peu cette mauvaise hum.eur. ' Un médecin est naturellement irrité contre le confrère à qui l'on confie un de ses malades, et qui le traite autrement qu'il n'a fait lui-même-. Pareillement, Appius sentait dans l;i conduite de Cicéron comme un désaveu public de la sienne. L'affaire des délégations lui offrait un prétexte à accuser Cicéron d'hostiUté : il s'en empara, et s'y tint si ferme, qu'au moment même où leurs relations étaient devenues très amicales, il obligea Cicéron à se justifier de nouveau. Cicéron sut calmer Appius sans renoncer à vouloir gouverner mieux que lui. Jamais il n'abandonna le dessein de panser les blessures qu' Appius avait faites. Le 20 février 50, il écrivait à Atticus : «: Il paraît qu'Appius me rend grâces « à présent : je n'en suis pas fâché. Mais cela n'empêche (( point que je ne médite, aujourd'hui même, l'abolition (( de certaines clioses qu'il a décrétées ou faites contre la « justice ))l Sans doute, il lui fit des concessions : il laissa les villes libres de consacrer à l'envoi des délégations la somme qu'elles voudraient i; il laissa les Appiaui lever de nouveaux impôts pour bâtir leur édifice ^ Mais, dans l'un et l'autre cas, il maintint l'obligation pour les villes de ne lever aucune taxe sans son aveu : en sorte que, s'il interpréta largement les règles qu'il avait fixées dans son édit, on peut dire néanmoins qu'il n'y fit pas de déro-

i. Adfam., III, 8, 1.

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