‹ Un correspondant de Cicéron, Ap. Claudius PulcherChapitre 75 sur 106 · Voir Appendice I, lettres IX et X · texte numérisé non relu

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UN CORRESPONDANT DE Cir:ÉRON 103

Par l:i première, datée du 5 avril, il informait Gicéron qu'il avait été acquitté de maîestale. La seconde était postérieure, et ne portait point de date : elle donnait à Gicéron un tableau, d'ailleurs rassurant, de la situation politique. Gicéron dut être très heureux que le procès ait eu pareille issue : cela lui permettrait, avec un peu de patience et beaucoup d'habileté, de faire en sorte qu'Ap. Glaudius voie sans chngrin le mariage de son accusateur avec la fille de Gicéron. Il est vrai que Dolabellane se tenait pas pour battu, et accusait Appius de ambitu^ : mais l'acquittement d'Appius était assuré, et cette nouvelle attaque ne pouvait que le servir^.

La joie qu'éprouva Gicéron se traduisit en louanges et en manifestations affectueuses à l'adresse d'Ap. Glaudius. Il lui écrit : « J'ai couvert votre lettre de baisers en me féhcitant moi-même ». Et nous croyons Gicéron très volontiers : la pensée qu'il pourrait avoir Dolabella pour gendre sans se fâcher avec Appius put bien lui inspirer pareil enthousiasme. Mais il préfère donner une autre explication de sa joie : € G'est qu'en voyant le peuple entier, le Sénat, les juges « honorer le talent, l'activité, la vertu, co*mme, peut-être « par une illusion flatteuse, je m'a'tribue les mêmes qua- «. lités, je m'imagine que ces honneurs sont adressés à moi « comme à vous » l Gette idée ne fut certainement pas celle qui inspira à Gicéron le geste ému dont il se flatte : il ne pouvait se faire à ce point illusion sur la vertu d'un homme qui lui paraissait un monstre moins d'un an auparavant'\ De même, quand il s'écrie avec l'accent de la plus sincère conviction : « Qui a jamais soupçonné la parfaite régularité de votre carrière politique? », quand il déplore

1. Sans doute à propos de la candidature d'Appius à la censure (cf. Ad fam., III, 11 : M. Cicero Ap. Pulchro, ut spero, oensori s. d.).

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