Lettre ad fam., III
Cicéron de dissiper chez son correspondant la mauvaise impression des fiançailles de Tullia. Il revient sur ce sujet dans la seconde partie de sa lettre : il ne désespère pas que ses eiïorts n'arrivent à rendre sa famille aussi chère à Ap. Claudius que celle d'Appius lui est chère; ce qui vient de se produire n'a rien enlevé au zèle affectueux de Cicéron pour Appius; au contraire, il en aurait été accru, si c'était possible.
Les derniers mots de la lettre exprimaient l'espoir qu'Ap. Claudius était censeur au moment où Cicéron écrivait. Il fut élu, en effet, avec L. Calpurnius Piso, dans le courant du mois d'août'. Sa censure fut sévère. Il épura avec soin les listes de sénateurs et de chevaliers, chassant du Sénat tous les affranchis, et les patriciens que leurs dettes ou leur vie dissipée rendaient indignes : ce fut lui qui raya de la liste des sénateurs l'historien Salluste-. Il restitua ainsi à la censure le prestige que son frère Publius, par une loi de son tribunat, lui avait fait perdre -^ Le même homme qui,
1 . Lange, R. A., III-, p. 397-398, a prétendu que les consuls Ap. Claudius et L. Pison avaient été nommés dès le début de mai. Il se fonde sur Ad fam., III, 11 : M. Cicero Ap. Pidchro, ut spero, censori s. d. ; cf. ihid., 5 : si iani es censor, ttt spci'o). Mais Sternkopf, Quaestioncs chronologicae, p. 25 et 26, a très bien montré que les espoirs de Cicéron étaient prématurés : s'ils s'étaient réalisés, Cicéron féliciterait A|>pius dans la lettre ad fam., III, 12; au contraire, il se garde de faire allusion à la censure dans cette lettre : c'est que sans doute il a appris le renvoi des comicfs à une date ultérieure. Une raison que Sternkopf ne donne pas, et qui nous paraît décisive, est la suivante : le procès d'Appius de ambitic a eu lieu à la fin de mai ou au début de juin ; or, un censeur ne pouvait être cité devant le tribunal d'un préteur (cf. Mommsen, Le Droit ■public romain,!, p. 28, n. 2).