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Schiche* écrit, en s'inspirant de la correction de Manutius : cum exercitu lustrato iter in Ciliciam facere coepissem II Kal. Sept., legati... Ainsi le texte est mis parfaitement d'accord avec Ad fam., III, 6, 6. — Mais on ne comprend pas que Schiche n'ait pas fait l'économie de cette correction, puisqu'il a eu l'idée que Cicéron pouvait bien avoir reçu des nouvelles de l'invasion des Parthes en Syrie avant l'ambassade du 3 septembre. On doit, en effet, tirer cette conclusion des textes suivants :
Ad fam. y XV, 2, 1 : cum... nuntii et lifterae de bello a Parthis in prouinciam Syriam illato cotidie fere adferrentur.
Ad fam., XV, 1,1: Etsi non dabie mihi nuntiabatur Parthos transisse Euphraten cum omnibus suis copiis, tamen statuebam...
Ad Att., V, 20, 2 : Ex his castris cum graues de Parthis nuntii uenirent, perrexi in Ciliciam per Cappadociae partent cam, quae Ciliciam attingiV^.
Mais le texte qui prouve le mieux que Cicéron ait reçu des nouvelles des Parthes avant le 3 septembre, c'est précisément le texte Ad fam., XV, 4, 3, tel que nous l'offrent les manuscrits : cum... iter in Ciliciam facere coepissem^, Kal. Sept, legati a rcge Commageno ad me missi...
En refusant d'admettre ce texte, et en affirmant que les nouvelles qui parvinrent à Cicéron au sujet des Parthes avant le 3 septembre lui venaient d'ailleurs que du roi de Commagène, Schiche non seulement se prive du témoignage le plus probant, mais encore se heurte au texte suivant, qu'il ne parvient pas à exphquer d'une façon satisfaisante :
1 . Schiche, Zu Ciceros Briefivechsel wàhrend seiner Statthaltevschaft in Cilicien, p. 15.
2. Les deux imparfaits nuniiahatuv , uenirent, marquent une action qui se répète.
3. Il faut ponctuer ainsi, sous peine de s'embarrasser dans les contradictions que nous avons signalées. C'est la ponctuation qu'adopte G. F. W. Muller.
Ad fam.^ XV, 1, 2 : Régis Antiochi Commageni legati primi mihi yiuntiauerunt Parthornm magnas copias Euphrateyi transire coepisse.
Nous croyons que Cicéron reçut deux ambassades du roi de Commagène, l'une le Ici- septembre, cum iter in Ciliciam facere coepisset (Ad fam., XV, 4, 3), l'autre le 3 septembre, in castris ad Iconium (Ad fam., XV, 3, 1). Ces ambassades ne diiTéraient pas seulement par la date et par le lieu où Cicéron les reçut, mais encore, dans une certaine mesure, par la nature des nouvelles qu'elles apportaient. Les termes mêmes des deux lettres ad fam., XV, 4, 3 et 3, 1 rendent difficile d'admettre qu'il s'agisse dans l'une et l'autre de la même ambassade. Les nouvelles apportées le 1er septembre étaient confuses et brèves : ... pertumidtuose, neque tamen non uere, Parllios in Syriam transif^se nuntiauerunt. Celles du 3 septembre étaient beaucoup plus claires et plus détaillées : « Le fils du roi des Parthes, qui était marié à la sœur du roi d'Arménie, s'était avancé vers l'Euphrate avec une grande armée de Parthes, renforcée d'une troupe importante formée par des peuples divers, et il avait commencé à passer le fleuve : on disait même que le roi d'Arménie se proposait d'envahir la Cappadoce ». Sans doute, Antiochus de Commagène avait voulu annoncer l'approche des Parthes au général romain dès qu'il en avait été informé, et sans attendre les détails. Puis, il avait reçu des renseignements plus précis, et il s'était empressé de les faire connaître à Cicéron par une seconde ambassade.
Il reste à expliquer comment Cicéron, après avoir quitté le camp d'Iconium le 29 août, se trouvait de nouveau, le 3 septembre, in castris ad Iconium^. Cela tient, d'une part,
1. Schraidt, qui adopte les corrections de Manutiiis, n'a pas à se poser cette question, l'ambassade dont parle la lettre ad fam., XV, 3 ayant eu lieu, pour lui, le 28 août. Hofmann et Moll ont prétendu que Cicéron, jusqu'au 3 septembre, n'avait pas quitté le camp d'Iconium. Schmidt leur objecte victorieusement le texte ad fam., III, 6, 6 : lier in Ciliciam facio per Cappadociam : caatra moui ab Iconio pridie Kal.
UN CORRESPONDANT DK Cir.ÉKON
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à ce que Cicéron modifia son itinéraire et revint sur Iconium après l'avoir dépassé; d'autre part, à ce qu'Ap. Glaudius arriva sur ces entrefaites, et que Cicéron, pour le voir, immobilisa ses troupes pendant toute la journée du 2 septembre.
Il importe de remarquer que les castra ad Iconium dont il s'agit dans Ad fam., XV, 3, 1 ne sont pas forcément le même camp dont parle la lettre ad fam., III, G. Cicéron, après avoir quitté ce camp le 29 août, se retrouva, le soir du le»' septembre, non loin d'Iconium {ad Iconium), mais d'un autre côté de la ville. Le camp que Cicéron quitta le 29 août devait être situé, comme le fait très justement remarquer Schiche', au nord-ouest d'Iconium, c'est-à-dire non loin de la route d'Iconium à Laodicea combusta-. Il y avait deux routes pour aller d'Iconium en CiUcie : l'une se dirigeait vers le sud, puis le sud-est, et atteignait Séleucie; l'autre allait vers l'est, franchissait la frontière de Cappadoce, et, passant le Taurus par les portes de Cilicie, descendait sur Tarse. Cicéron, après avoir passé devant Iconium, s'engagea sans doute sur la première route : mais, dans la journée du ler septembre, il reçut une ambassade du roi de Commagène qui lui annonçait l'invasion des Parthes en Syrie. Cette nouvelle modifia ses plans "^ : il pensa que la Cilicie, grâce à ses montagnes, était inattaquable du côté de l'est, mais que la présence des Parthes en Syrie était une menace
Sept. : nunc tu et ex diebiis et ex ralione illnerls si putabis me esse conueniendum, constitues quo loco td commodissime fieri possit et quo die. Le texte est formel, et on doit en tenir d'autant plus de compte que Cicéron s'applique, dans cette lettre, à renseigner exactement Appius sur l'emploi de son temps : il est donc inadmissible que, restant au camp d'Iconium, il lui laisse croire qu'il l'a quitté avec sou armée. Sans compter qu'on imagine difficilement pour quelles raisons Cicéron, après avoir envoyé son armée en avant, serait resté quatre jours durant dans un camp aux trois quarts vide.