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3. Cette lenteur est vraiment surprenante. L'étape normale d'une armée romaine en marche était d'environ 25 kilomètres par jour ; Cicéron ne mit que onze jours — treize au plus — pour parcourir les 225 kilomètres qui séparent Cybistra de Tarse, et il avait à franchir le Taurus. On peul supposer qu'en allant d'Iconium à Gybistra, Cicéron se détourna de sa route pour faire une promenade militaire dans le pays des Isaures, peuplade montagnards turbulents; cette hypothèse peut s'autoriser du texte suivant : Ad fam., XV, 2, 1 : lier mifii faciendum pcr Lycaoniam et per Isauros et per Cappadociam arbitratus stim. Cette phrase semble indiquer que Cicéron s'est détourné de la route normale pour traverser le pays des Isaures, car la route d'Iconium à Gybistra confine à ce pays, mais ne le traverse point.
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cinq jours à Gybistra, en Cappadoce, il en partit le 24 septembre*, et le 5 octobre il se trouvait à Tarse'-. Il quitta cette ville le 7^ pour camper le lendemain à Mopsuhestia, sur les bords du fleuve Pyrame.
C'est de là que Cicéron écrivit la lettre ad fam., III, 8. Il venait de recevoir d'Appius une lettre où se mêlaient les témoignages d'amitié et les reproches. Appius lui disait ce qu'il savait de Rome, l'assurait qu'il ne négligerait point les commissions qu'il avait reçues de lui, et lui demandait des nouvelles de ses opérations militaires'*. Mais aussi il se plaignait très abondamment de certaines mesures administratives prises par Cicéron, et en particulier des obstacles qu'il avait mis au départ de délégations qui devaient aller à Rome pour le louer. En somme, c'était un singulier mélange d'amabilité et de mauvaise humeur^. Cicéron déclare qu'il va répondre à ses longues plaintes en peu de mots'\ De fait, sa réponse a plus de six pages'. C'est qu'il sentait la nécessité de détruire dans l'esprit d'Appius l'efTet des méchants propos que celui-ci avait entendus au cours de son voyage. Déjà, on s'en souvient, tandis que Cicéron se dirigeait vers la province, des gens mal intentionnés l'avaient desservi auprès de celui qu'il venait remplacer^. Mais, maintenant que Cicéron avait commencé à gouverner, les flatteurs et les mécontents avaient la partie belle : « Votre successeur, lui disait-on, a pris le contre-pied de tout ce que vous avez fait;
1. Schmidt, p. 81, n» 10; L. W. Hunter, Journal of roman studies m (1913), p. 90 sq., propose la date du 22.