SI
s'excuser'. Sa lettre témoigne d'un embarras extrême, et l'on souhaiterait d'y voir moins de timidité et plus de franchise. Il avait écrit, vers le 20 février, à sa femme, qu'il approuvait son projet de marier ïullia à Dolabella-. La nouvelle du procès d'Appius lui était parvenue quelques jours api es. Il avait écrit à Appius : « Je serais plus prêt à (L rompre, avec un homme qui se fait votre adversaire, une « amitié déjà ancienne, qu'à me lier avec lui par des liens (( nouveaux » '\ Mais il s'était bien gardé de donner à sa famille des instructions dans ce sens. Caelius lui avait conseillé de ne rien laisser paraître de ses intentions pendant tout le temps que durerait le procès : il suivit ce conseil; il se réserva, s:ms pourtant cesser un seul instant de penser à Dolabella comme gendre '•. Dans ces conditions, on voudrait le voir prendre un peu plus bravement la responsabilité de ce qui s'est fait. Il ne va pas jusqu'à dire à Appius que le mariage a été résolu sans son approbation : s'il avait été à Rome, il aurait approuvé la chose en principe; mais c'est l'époque qui lui paraît inopportune; sa femme et sa fille ne se sont pas décidées contre son avis, mais elles se sont décidées trop tôt. Il ne faut donc pas le rendre responsable : ce qui a été fait, ce n'est pas lui qui l'a fait. « Mettez-vous « à ma place! dit-il à Appius. Si vous trouvez aisément les « mots qu'il faut dire, soyez sans pitié pour mon bégaye- (( ment... Non ! je n'en sortirai jamais!... » Et il demande grâce : « Je suis tout en sueur : otez-moi ce fardeau ; je « n'ai jamais plaidé une cause plus difficile ». On s'attriste de trouver Cicéron dans une situation si comiquement embarrassante. Car il en était en partie responsable : sans