‹ Un correspondant de Cicéron [microform]: Ap. Claudius PulcherChapitre 87 sur 105 · Dio, XL · texte numérisé non relu

Dio, XL

3. P. Clodius, pendant son tribunat, avait fait voter une loi qui restreignait considérablement les pouvoirs des censeurs (cf. Pro Sestio, XXV, 55; In Pisonem, IV, 9 et V, 10). Le consul Metellus Scipio, en 52, les leur avait restitués; mais Ap. Claudius fut le premier qui osa en user (cf. Dio, XL, 57). Il fut aussi le dernier censeur de la République qui révisa la liste des sénateurs. Sa sévérité devint proverbiale : cf. Hor., Sat., I, 6, 20 : ccnsorque moueret

Appius, ingeniio si non essem paire natus.

à 25 ans, avait dignement représenté Rome à la cour d'un monarque oriental, ranimait à présent dans Rome même la vigueur des institutions primitives. Certes, il ne faut pas oublier qu'en agissant de la sorte il était surtout l'homme d'un parti» : on n'en doit pas moins reconnaître que le censeur de 50 est loin du préteur factieux de 57 ou même du consul peu scrupuleux de 54.

Mais on ne peut sans ridicule se montrer sévère pour les autres quand on ne Ta pas été pour soi-même. Ap. Glaudius entreprit de combattre le luxe; il fit une enquête très rigoureuse sur le nombre de statues et de tableaux que possédait chacun'-. Tant de zèle inquiéta Cicéron : il avait beaucoup d'œuvres d'art dans sa maison et dans ses villas; peut-être se proposait-il d'en rapporter encore quelquesunes de Grèce. l\ écrivit d'Athènes à Atticus : « Surtout (( dites-moi où en est la question des statues et des tableaux, « et si elle sera portée devant le Sénat » •'. A Rome, on sourit : Appius n'avait-il pas lui-même, au moment où il comptait être édile, rapporté de Grèce des quantités d'œuvres d'art, plus ou moins réguhèrement acquises''? Gaelius écrivait à Cicéron : « l\ s'est persuadé que la censure serait pour lui savon et nitre &. Et il le pressait de revenir vite, s'il voulait rire '.

La sévérité d'Ap. Glaudius contre les débauchés lui attira une fort désagréable aventure. Caelius, qui était celte année là édile curulc, donnait des jeux et dépensait beaucoup; il demanda à Appius un service d'argent, en reconnaissance de ce qu'il avait fait pour lui au moment de son procès. Appius refu>^a, et comme Caelius, furieux, liait partie avec

1 . Dion, XL, G3, prétend d'ailleurs que sa sévérité alla contre son but, et fut très utile à César : tous les sénateurs et chevaliers qu'il avait rayés de l'album embrassèrent le parti de César.

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