‹ Un correspondant inconnu de LamennaisChapitre 25 sur 37 · N" 90 du ms · texte numérisé non relu

N" 90 du ms

Paris, 31 août 1S48.

' Rien ne m'étonne de la part de celle dont vous me parlez, c'est une âme sèche et dure, une véritable àme de princesse. Ses colères, au reste, n'arrêteront pas le monde dans la voie où Dieu veut qu'il marche et où il marchera.

Je suis souffrant depuis plusieurs jours. Un peu de repos me rétablira. Tout ce qu'on voit dans le présent, tout ce qu'on prévoit dans l'avenir prochain attriste profondément, mais ne doit pas abattre. Plus la réaction est violente, plus elle sera entraînée à des folies et à des crimes qui la perdront. Confiance donc, et courage. Qui combat toujours et ne se lasse jamais, est sûr de vaincre; le moment seul est incertain. Votre bien dévoué.

13 avril.

-J'espère que les indispositions que vous avez éprouvées, viennent moins de la maison où vous demeurez, que de la saison, dont tout le monde s'est ressenti plus ou moins. Encore aujourd'hui, je ne vois que gens qui se plaignent des suites de la grippe. On est fort longtemps à se remettre de celte maladie cependant peu grave par elle-même. Je ne l'ai pas eue, mais j'ai payé mon tribut à l'hiver d'une autre façon. A présent je suis mieux, bien que je me ressente encore de l'ébranlement que m'a causé la mort de ma sœur^ mère de mon neveu que vous connaissez. J'étais, depuis quelque temps, préparé à la perdre, mais toute prévue que puisse être une pareille séparation, quand le fatal moment arrive, le cœur n'en est pas moins déchiré.

Les vacances de huit jours que l'Assemblée s'est accordées, me donneront le loisir de m'occuper un peu de mes affaires, que, faute de temps, j'ai été contraint de négliger. En cela surtout elles me seront utiles. Si vous venez dans nos (juartiers, quelque occupé que je sois, ne doutez pas du plaisir (jue j'aurai à vous voir, et croyez toujours à mon affectueux et inaltérable dévouement.

3 décembre *.

"Jf! n'ai pas un instant a in(ti, et (;'est ce qui m'a ('mpé(^hé de vous répondre plus loi. Malgn'" h; froid (>l le travail, ma santé se soutient. Soignez bien la vôtre, vojis savez <|iii' l'Iiivcr ne vous est pas bon. Mille tendres re.spects.

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