Territoire de Belfort
enfreindre cette volonté en rendant hommage au Chrétien, au Patriote, à l’Alsacien, — au « père idéal » de qui on pouvait dire comme de Lacordaire : « Fort comme le diamant, plus tendre qu’une mère. »
Le 1er mars, au début du Congrès diocésain de Paris, M>r Odelin exprima à son tour la reconnaissance et la vénération de tous les catholiques pour celui dont la mémoire ne périrait pas.
Le Duc d’Orléans avait télégraphié de Gènes au colonel Iveller :
« Profondément ému de la mort de M. Keller, je garde le fidèle souvenir du grand chrétien, du soldat héroïque, du royaliste redoutable, qui consacra ses forces au service de Dieu, de la France et de la Monarchie, et ne sépara jamais les nobles causes auxquelles il avait voué sa vie. »
Ce témoignage du Chef de la Maison de France trouva dans la presse d’unanimes échos 1 2.
« Keller ! écrivit M. Oscar Iîavard en tête du Soleil -, il suffit de prononcer ces deux syllabes pour que tous les patriotes reconnaissent et saluent dans le fils de l’Alsace qui vient de mourir un des plus nobles Français dont notre pays se soit honoré depuis un siècle. C’est que Keller n’était pas seulement un écrivain et un orateur, mais un caractère. La figure, le regard, l’attitude, tout accusait le chevalier, tout dénonçait le paladin, dévoué jusqu’au sacrifice suprême à la cause qui, dès l’aurore de sa vie, avait subjugué son intelligence et son cœur. » Le Gaulois 3 exaltait le « Patriote catholique » moderne dont l’âme avait été « parfaitement héroïque ».
Dans l’Univers 4, M. François Veuillot montrait avec quelle noblesse Keller avait incarné l’âme de l’Alsace martyre : « Cette âme, souffrante et fidèle, vibrait encore en lui sous la glace et la pesanteur de la vieillesse ; elle vibrait de souvenir
1. Nous ne pouvons reproduire ici que quelques passages des principaux articles.