LES DOMESTIQUES
Quel plaisir, etc.
EDMOND, Mad. ROSTANGE, CÉCILE.
Qu^ai-je vu, etc.
EDMOND
Qu'est-ce que cela signifie? r*^
St.-PIERRE.
Que je vous ai promis des preuves, et que je vous les apporte... J'ai rendu la liberté a mes anciens serviteurs... a présent mes égaux, (a madame de JRostange) C'est vous dire assez, Madame, que je ne peux tenir ma promesse : non pas que mon billet ne soit excellent; mais je ne suis pas assez heureux pour que vous me forciez a l'acquitter.
MADr DE ROSTAJVGE.
11 serait possible !... Un valet.
Trouvez - cil qui vous serve mieux... (à Edmond) Grâce à moi, vous n'avez plus rien a craindre d'un rival i^edoutable... grâce h moi, vous avez une place... (à ïnadame de Rostange) Grâce à moi, votre fille épouse un jeune bomme ckarmant, et cinquante mille livres de rente... car il les a...
EDMO»'D.
Ah! mon ami... comment inacquitter envers vous?
comment reconnaître tant de bienfaits?
st. -PIERRE.
En me donnant chez vous une place de valet-dechambre.
EDMOND
Ah ! tu seras toujours mon ami.
St.-PIERRE.
Soit... un ami en livrée... à la condition encore que vous prendrez aussi ma femme au service de la vôtre... N'est-il pas vrai, Cécile ?
CÉCILE
Ah ! que je suis contente !
St.-PIERRE , aux domestiques.
Quant a vo-is, mes amis... je vous ai payé vos gages, VOS gratifications... nous sommes quittes , et vous êtes maîntenant vos maîtres.
JASMIN
Ah ! M. Lapierre, nous n'en trouverons pas comme celui que nous avions.
St.-PIERRE.
Peut-être... Il y en a encore quelques uns... En tout cas, {montrant Edmond) Ils ne vaudront pas celui-ci, j'en suis certain... Mais il faut suivre mon exemple , et pour avoir une bonne condition il faut la faire soi-même.
VAUDEVILLE {y).
AIR du vaudei^ille du Colonel.
EDMOND
Le dernier jour, en toute aJOPaire, Nous offre un pas difficile à franchir j Heureux, lorsque dans sa carrière.
On pent le voir arriver sans pâlir.
Plus heureux encor , il me semble.
Quand, touché d'un égal amour, On a passé sa vie ensemble, Et qu'on .'urive ensemble au dernier jour.
(») A Paris, à la représentation, on ne chante que le quatriciu. et dernier couplet.
Archives de la Ville de Bruxelles
Archk ; ' îtedBrussel
Kad. DE ROSTANGE.
Jeanes beautés t]^'au printemps Ton adore , Â votre char voafi traînez mille amans; Mais l'âge vient, et vous pouvez encore ^
Plaire et charmer dans Thiverdevos ans.
Ooi^ les succès que le coeur nous procure Bravent le temps, et nous restent toujours. Dans la bonté cherchons notre parure.
Quand nos attraits sont à leurs derniers jours.
St.'PIERRE.
Dans des places comme les nôtres, Quoiqu\in peu d'orgueil soit permis, Je n^aî jamais, comme tant d'autres , Dans le bonheur oublie mes amis.
Oui , lorsque la grandeur commence, La mémoire fuit sans retour, £t Faurore de la puissance De l'amitié devient le dernier jour.
CÉCILE, aupiillic.
Par une disgrâce commune Aux grands, hélas ! comme aux petiti, Ou dit qu'en perdant sa fortune, On perd souvent tous ses amis.
(à Saint -Pierre) Ah f puisse-t-il n'avoir pas cette chance. De cet ouvrage assurez le retour; Et puisse, hélas ! le jour de sa naissance ?j[e pas être son dernier jour.