UN TORT
Comme à table J'entonn'rons !
François , à sa femme.
Moi, ma femme, j'ai nigoi!
.T'avalerions le diable , Ainsi prends garde à te, ,
CHŒUR
Ah ! quel plaisir ; etc.
FRANÇOIS
C'est tout de même pas malheureux que le tems se soit débarbouillé comme çà ; car l'orage était fameuse.
MANETTE
Et j'ons vu l'heure ou c' que 1' bouillon nous trempait comme une soupe.
FRANÇOIS
En parlant d' ça , est-ce que j'allons porter not' dîner sous le bras jusqu'à ce soir ?
MALINOT.
Eli ! pardine , qu'est-ce qui vous empêche de 1' mettre sur c' te table ?
MANETTE
T'as raison , mon fiston, avec ça qu' la chaleur ne T rafraîchit pas; oui, ruais dis donc, François, est-ce que j'allons dîner comme çà à la belle étoile !
VBANÇOISi
Pourquoi pas 1 c'est plus aisé.
MANETTE
Oui, raaii si 1' ciel vient à nous lâcher un déluge comme à c' matin , j' vois Y dîner. . .
FKANÇOIS.
C'est vrai qu'il n'y aurait que 1' poisson qui pourrait s' sauver, et j' n'en avons pas, mais bah ! l'horison est trop belle.
MANETTE
C'est çà, fie-loi-zy, comme si on pouvait compter sur queuqu chose , aujoard'bui.
Air : Ton humeur, est Catherine.
L' matin , on g' met en indienne , Vient un vent à n'y pas t'nir , On se r'change , on se met en laine , Et 1' soleil vient vous rôtir.
J' vois 1' moment où 1' thermomètre F'ra tant d" bêtis' coup sur coup, Qu' faut* de savoir comment s' mettre', On n' se mettra pas du tout.
FRANÇOIS. x
Eh bien ! c'est dit , entrons voir si l'traiteur a une table disposable . . . Dis donc, mon petit homme, veux-tu avoir l'œil un moment sur ces comestibles.
malinot.
C'est juste. . . vous n'êtes pas gênés ; mais je voulons ben ; j'suis bon enfant , allez , on vous gardera çà.
TOCS.
Merci.
mali^ot, flairant le dîner.
Mais, dites donc, dépêchez-vous , car ça pourrait bien n' pas s' garder long- teins.
chodr, entrant chez le traiteur.
Ah ! quel plaisir de v'nir h pie , etc.