‹ Un dimanche à Passy;Chapitre 30 sur 30 · LES FEMMES · texte numérisé non relu

LES FEMMES

Ne m'approchez-pas.

M. GIRARD

Que vous est-il doue arrivé ?

PARTOUT

Il m'est arrivé que je suis guéri pour toujours de la soif et de la faim, et que j'aimerais mieux ne plus dîner de ma vie que de repasser par tout ce qui m'est arrivé aujourd huL J'en prends tout le monde pour juge.

Air nouveau de Boche ,

ou : Paris est comme autrefois.

Quelle effroyable journée !

Que le ciel m'envoie encor La pareille dans l'année Et je suis uu homme mort !

A deux heures moins un quart, Pour me rendre chez Girard, Je fais venir un cocher Qui refuse de marcher.

Un cabriolet approche , A peine ysuis-je monté, Qu'une charette l'accroche Et nous jette de côté ; Éclopé , tant bien que mal , \ .Te gagne le Pont-Royal ;

Sauf à me rompre le cou , Je me hisse en un coucou.

Pour prendre l'air , je me place En lapin , vu qu'il lait beau , Le temps change , autre disgrâce, An lien de l'air j'ai de l'eauj Chez Giiard j'arrive enfin , Mourant de soif et de faim , Et que trouvons-nous ici !

Maître absent , cuisine aussi.

De mauvais tours on m'accable , Mais vous arrivez enfin , Et pour garnir votre table , Je me remets en chemin. . .

Je trotte , et tout essouffé , Je traverse un champ de blé. . .

Après moi l'on crie, on court,

Je m'esquive et fais le lourd. . .

Arrive un garde champêtre Qui m'anête sans façon :

Moi je veux l'envoyer paître, Lui , m'envoyer en prison ; Il veut mes noms et prénoms, Au collet nous nous prenons, Le sien nie reste à la main Et devinant son dessein , Crac , je pats comme une bombe , Guettant mon homme de l'œil; Paf , mon pied glisse et je tombe Pouf, dans la mare d'Auteuil.

Enfin de la tête aux pieds Mes , amis vous me voyez Tout fracassé , traversé , Harassé , crosse , froissé. . .

Mais , adieu , Passy , Vincenne , Pantin , Clichy , Vaugirard ; Désormais qu'on aille ou vienne, Partout n'ira nulle parlé

(Au Public. )

11 ne tient pourtant qu'à vot» Que mon sort me semble doux , A mes maux applaudissez , Et mes maux seront passés.

Messieurs, daignez me promettre D'être demain. à Passy , Et si vous voulez permettre , J'y serai demain aussi.

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