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Signatures et sceaux des deux dél

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cheuse de l’Imprimerie nationale, M"* Peynaud, fut chargée du travail. Ele y employa une soie blanche choisie avec soin, et y apporta toute son attention, toute son habileté professionnelle, toute son expérience. Mais elle eut du malheur: comme elle allait achever sa tâche, son aiguille se rompit, égratigna un des feuillets. Elle fut si navrée qu’elle en versa des larmes, croyant cet accident irréparable. On la tranquillisa bien vite; on tira une nouvelle feuille qui remplaça l’avariée; on en fut quitte pour un léger retard. Et l’on jouait

sur quelques heures, — ear il restait à apposer les cachets, longue et délicate formalité.

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Mais avant d'en arriver à l’exposé de cet avant-dernier acte qui précéda la signature, et pour en terminer avec la question des éditions successives, 1l faut parler des tirages qui suivirent celui de l’exemplaire authentique du Traité. Les presses, en effet, continuèrent à rouler.

Elles imprimèrent d’abord les vingt-sept exemplaires destinés à être « certifiés conformes », les exemplaires d'archives qui allaient être remis au président de chacune des missions des puissances, pour être conservés danS les chancelleries. Ils sont du même format, i#-folio, que le premier exemplaire, avec les mêmes filets rouges encadrant les pages (avec la même disposition sur deux colonnes) : en somme des fac-similés parfaits de l'instrument de Versailles. Le papier seul en diffère: c’est un très beau papier français des papeteries du Marais, pur chiffon, vergé à la machine ronde. Et ils sont brochés, mais non reliés, simplement engagés dans une couverture de papier blanc analogue à celle dont les écoliers enveloppent leurs livres de classe.

Il fut ensuite procédé à un troisième tirage in-folio, sur papier de chiffon encore — le type n° 213 de l’Imprimerie nationale — à une centaine d’exemplaires, destinés, en cas de besoin, aux délégations, aux Parlements étrangers, une fois revêtus de la mention « certifié conforme ». C’est un de ces exemplaires qui a été déposé sur le bureau de la Chambre des députés.

Un quatrième tirage in-folio — mais d’un format plus réduit, c’est-à-dire effectué avec la même composition remaniée, imposée de nouveau par pages entières, le texte anglais sur la page de droite en regard du français imprimé sur la page de ga de ratification », qui seront joints aux instruments approuvés par les divers Parlements, et qui reviendront, revêtus des signatures et sceaux, reliés, sans doute, et parfois enfermés dans de précieux coffrets, prendre place dans les archives du quai d'Orsay, où ils occuperont, à ce qu’on estime, un volume de deux stères environ.

Enfin, une édition de ce quatrième tirage, du même format, de même impo-

sition, est mise en vente; et, étant donné qu’elle s'adresse au monde entier comme chentèle, elle ne manquera pas de s’y répandre à un grand nombre d'exemplaires. Broché, et done terminé, en somme, au point de vue matériel, le traité

authentique sur japon fut placé sous un emboîtage fait d’une irréprochable peau de truie, souple, blanche, fine de grain, exquise à l’œil, aux plats frappés seulement de sobres filets d’or, dans laquelle il n’est pas relié, mais où ses feuilles de couverture s’insèrent sous les gardes de moire blanche, comme dans une liseuse: c’est l’œuvre de MM. Rey et Aubois, relieurs de l’Imprimerie nationale (atelier G. Lacoux), qui a, de cette façon, assumé la confection entière de l’instrument, n'ayant eu recours, en dehors de son personnel, qu'à la collaboration de correcteurs que lui avait aimablement prêtés, pour la revision du texte anglais, l'imprimerie de la délégation britannique, à Auteuil.

Et, ainsi paré, le magnifique volume fut apporté au quai d'Orsay et confié au service du protocole, chargé d'y apposer, selon les règles, les sceaux traditionnels.

M. Georges Clemenceau avait d’abord pensé que cette suprême formalité se pourrait effectuer en même temps que se donneraient les signatures. Mais, outre que la plupart des diplomates auraient été fort malhabiles à apposer leurs cachets, surtout dans des circonstances aussi solennelles, le Président de la Conférence n'avait pas réfléchi au temps qu’eût pris l'opération: les fonctionnaires du protocole s'y employèrent, le 27 juin, de 5 heures à 8 heures du soir et de 11 heures à une heure du lendemain matin! Et encore usèrent-ils, pour préparer la cire, d’un engin ultra perfectionné. Car les spécialistes experts qui, jadis, dans les chancelleries, excellaient à revêtir d'empreintes irréprochables les décrets, arrêts, pièces diplomatiques, ont disparu, leur rôle étant devenu aussi désuet que celui des calligraphes, simon davantage.

Enfin, les diplomates reculèrent devant l’expérience. En leur nom, M. Balfour alla trouver le Président et formula leurs objections : de très bonne grâce, M. Clemenceau se rendit à ses raisons.

Il fut done convenu qu’on recueillerait par avance les anneaux ou les cachets de tous les futurs signataires du traité, et que, sous la haute responsabilité de M. William Martin, et sous la direction de M. de Fouquières, deux collaborateurs, l’un du protocole, l’autre du secrétariat, M. Carré et M. de Grétry, apposeraient les sceaux sur le ruban rouge moiré, en regard des places réservées aux griffes, sur les feuillets où la liste de tous les noms des plénipotentiaires avait été préalablement écrite au crayon, dans l’ordre des préséances, les Allemands fout à la fin. Aïnsi fut fait, en présence d’un représentant de chaque puissance. Seuls, les délégués anglais et les américains ne se résignèrent pas à confier la veille leurs cachets à des mains étrangères, mais les remirent à leurs délégués pour la seule durée de la formalité.

Pour le maniement de la cire, on avait songé à faire appel au concours d’un employé de quelque grande maison de gravure, habitué à faire des empreintes

irréprochables. On se rappela. de este au ne du courrier — où de modestes fonctionnaires eadiéttent d'un bout à J'autre ‘dujour — e petit ustensile très curieux, très pratique, et qui donne vles meilleurs et les ve expéditifs résultats: c’est une capsu , ’e cuivre de la dimension et de la fo: conique d’un porte-bouquet d’automç e, traversée par un courant électrique réglable à volonté, fermée par un kcurateur à ressort, qui permet de doser très exactement la cire fluidifiée par le courant. On y eut recours: un appareil tout neuf fut demandé et rempli de fine eire cramoisie. Lexpérience fut coneluante. En quelques minutes, les « officiers du seead improvisés obtinrent d’élégants, de parfaits résultats. On essayait d’abord, si une feuille blanche, le cachet à apposer, puis on passait à la belle feuille de japon, barrée de sa faveur de moire rouge. Il ne fallut que six heures, je l’ai dit, pour achever la délicate besogne. |

Pourtant, quelques-uns des cachets occasionnèrent un peu dé mal: ainsi celui de M. Clemenceau, celui de M. Paderewski, éiselés dans des pierres dures et froides, qui grippaient la cire, s’y attachaient. Un peu échauffées, après deux ou trois essais, ces intailles donnèrent finalement de belles empreintes, un peu mates auprès de celles laissées par le métal.

Quand tout fut prêt, M. de Fouquières, précautionneusement, se chargea du traité, confié au service du protocole, qu’il devait, le lendemain, emporter à Versailles.

Maintenant, il repose dans une armoire d’où, très aimablement, on a bien voulu le tirer pour nous permettre d'exécuter les opérations photographiques qui ont donné les fac-similés — réduits au quart environ — que nous mettons sous les yeux des lecteurs de Z/Illustration. Une assez banale boîte de carton en protège le beau vêtement de peau immaculée; de minces couches d’ouate séparent les feuilles de signatures et protègent les sceaux.

Oserai-je dire que ces sceaux, pour la plupart, sont assez banaux, — et que la chose est pour surprendre un peu les raffinés, dans un pays et en un temps où un artiste au talent délicat, George Auriol, a renouvelé heureusement, par des créations exquises, l’art noble entre tous de la sigillogravure? La grande majorité ne présentent que des initiales, — ce qui est, quoi qu’en pense la sainte administration des Postes, le signe le moins « distinetif » qui se puisse concevoir. L'un d’eux, avec son étoile entourée de quatre lettres, semble, vraiment, une marque de fabrique, — disons trade mark, puisque, aussi bien, le traité est bilingue.

Très peu sont personnels. Mais Charlemagne scella d’un Marc-Aurèle, puis d'un Zeus Sérapis, et son fils Louis usa d’un anneau qui portait l'effigie de Commode, Et Jules Favre, on le sait, apposa au bas de l’armistice de 1871 le chaton d’une bague que lui avait donnée Naundorf, qu'il avait défendu devan habitué à se servir de cet anneau, troublé peut-être aussi par la gravité de l’acte qu'il accomplissait, il le placa dans le mauvais sens, Diane couchée, et non debout, ce qui fournit au soudard Bismarek l’occasion d’une facile plaisanterie: « Mais vous la renversez déjà, votre République! »

Celui de notre Premier est une intaille antique, souvenir, m’a-t-on assuré, d’une amitié très chère; il représente un hibou, — le hibou d’Athènè, la Divine Sagesse, avec trois lettres grecques un peu frustes, et que nos mauvais yeux n'ont pu déchiffrer.

Celui de M. Bratiano est d’une dimension inquiétante : à couvrir tout le Banat !

M. Vandervelde à apposé un cachet d'Etat, le sceau du ministère de la Justice.

Le sceau de M. André Tardieu offre, avec l’heureux avantage de répondre admirablement à la qualité de son possesseur, un intérêt historique. Il montre une République debout, appuyée d’une main sur le faisceau des licteurs, de l'autre tenant la pique révolutionnaire coiffée du bonnet phrygien, avec cette légende: « Représentant du peuple en mission », — ce qui est exactement la situation de M. André Tardieu. Mais le cachet, en outre, appartint à Antoine Casenave, qui fut membre de la Convention, où il représentait les Basses- Pyrénées; et il fut donné, en vue, j'imagine, de cette brillante destination qu'il vient de remplir, à M. Tardieu par le descendant direct de Casenave, actuellement directeur, aux Etats-Unis, des Services français.

Le cachet du président Wilson est gravé simplement de son nom en sténographie: Woodrow Wilson. Celui de M. Hughes, plénipotentiaire de l’Austrahe, présente cette particularité d’être un camée, non une intaille: l'empreinte en donne un ereux au lieu d’un relief; on dirait d’un bouton d’uniforme imprimé dans la cire.

On sefût attendu à voir les plénipotentiaires japonais apposer sur le champ de la cire rouge quelques-uns de ces admirables blasons de leur pays. Deux de leurs cachets, en effet, présentent de fines empreintes où figure, je crois, le kirni, la feuille décorative du pawlonia. Mais le plus joli de tous ces sceaux, le plus pittoresque, le plus inimitable, est, à coup sûr, celui du prince Charoon, qui figure, gravé à la perfection, avec une minutie, une préciosité délicieuse, un courrier royal, lancé en avant comme Hippomène ou Atalante, œuvre accomplie d’un art subtil et enchanteur.

Enfin, trois places restent vides, en face de trois de ces cachets de cire apposés par procuration dans les conditions que j'ai dites: M. R. Fernandez, délégué du Brésil, n’a pu, obligé de se rendre auprès de sa femme gravement malade, assister à la séance solennelle de la galerie des Glaces, et Lou Tseng- Tsiang et Changting Thomas Wang, les deux délégués de la Chine, ont refusé de signer.

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t ses juges, et qui représentait une Diane bandant l’are; d’ailleurs, mal

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