ACTE DEUXIÈME
Quand j'ai rappelé cette promesse à M. de Véran, il Ta niée. Notre quereUe n'a pas eu d'autres causes. C'est si vrai, qu'une fois assise à côté de lui, sur l'engagement qu'il a pris de s'exécuter après le souper, je me suis calmée. Tout le monde a pu voir que j'étais de bonne humeur, (a Gisèle.) Est-ce que je mens, Gisèle?
GISÈLE
Mais, ma chère, je ne vous ai pas accusée... (a Daibert.) Voilà qu'elle m'en veut, maintenant... elle est épatante I...
GÉRARD, à Rose.
Et les cinquante mille francs, vous les a-t-il donnés?
ROSE
Naturellement; au moment où je partais, il m'a remis la somme en billets de banque. Le lendemain, dès la première heure, je suis allée la déposer chez M. Fontal à qui j'ai raconté ce qui s'était passé.
FONTAL.
Rose était même encore dans mon cabinet quand m'a été apportée la nouvelle du meurtre commis sur la personne de M. de Véran. C'est par moi qu'elle l'a apprise.
GÉRARD
Quelle a été son attitude ?
FONTAL.
Oh ! la pauvre femme a été terrifiée. Puis elle a perdu connaissance.
GÉRARD, à Fontal.
N'avez-vous pas été frappé par la coïncidence du meurtre avec ce paiement de cinquante mille francs ?
FONTAL.
Nullement.
GÉRARD
Et maintenant, ne vous frappe-t-elle pas ?
FONTAL.
Maintenant?...
Tous se lèvent.
ROSE
Que voulez-vous dire, monsieur ? Depuis un moment, je me vois devenue tout à coup l'objet de vos soupçons... Prétendez-vous tirer parti contre moi de cette coïncidence ?
GÉRARD
Je ne prétends rien... je constate seulement que vous n'aviez pas parlé de ces choses à l'instruction, (silence.) Les cinquante mille francs que vous avez reçus de M. de Véran, où les a-t-il pris ?
ROSE
Nous étions dans sa chambre. Il les a pris dans le tiroir d'un petit secrétaire.
GÉRARD, à Jeanrod.
Est-il à votre connaissance que M. de Véran eût chez lui, ce jour-là, une somme aussi forte?
JEANROD.
Je rignore !
GÉRARD, à Jeanrod.
Je suis désolé de ne pouvoir tenir la promesse que j'avais faite à madame de Véran, mais sa présence nous est indis^ pensable.
JEANROD.
Je vais la chercher.
nsort.