ROSE, UNE RELIGIEUSE, LE MÉDECIN
Au lever du ridsau. Rose vêtue conme à la cour d'assises, mais en cheveux, est assise dans le fauteuil, un oreiller derrière la tête, uno couverture en laine grise sur les genoux. Elle dort. La religieuse et le médecin sont debout près d'elle.
LA RELIGIEUSE
Vous avez vu en quel état elle était quand on Ta ramenée de la Cour d'assises, monsieur le docteur. Après votre départ, elle a reçu son avocat. Il venait pour lui faire signer son pourvoi. Elle a refusé de le signer. En parlant, elle s'exaltait. J'ai dû prier maître Farget de se retirer. 11 est parti sans avoir rien obtenu. Elle a fini par s'endormir... mais de quel sommeil 1...
LE MÉDECIN
Le sommeil de la fièvre...
LA RELIGIEUSE
N'avez- VOUS aucune prescription nouvelle à ordonner ?
LE MÉDECIN
Aucune... si ce n*est que je m'oppose à ce qu'elle soit transférée ce soir à Saint-Lazare. Elle passera la nuit ici... Nous verrons demain. Pour le reste, vous vous conformerez à ma précédente ordonnance.
LA RELIGIEUSE
Y a-t-il danger ?
LE MÉDECIN
Cette prostration est inquiétante...
LA RELIGIEUSE
Résultat d'un excès d'émotions et de soufifrances... Pauvre femme !...
LE MÉDECIN
Si elle ne trouve pas en elle-même l'énergie de réagir, elle est perdue. La vie se retirera tout à coup de ce corps épuisé...
LA RELIGIEUSE
Ah! j'oubliais... Dans son délire, elle appelait le Père Vignal. J'ai pensé que s'il consentait à venir, sa visite serait salutaire... Je lui ai écrit* J'espère, monsieur le docteur, que vous m'approuverez.
LE MÉDECIN
Vous avez bien fait.
ROSE, ottrrant les yeux, et d*ane roix très faible, sans faire de moarement.
Alors, ma sœur, vous croyez qu'il viendra, le Père Vignal?