‹ Un drame parisien; pièce en cinq actesChapitre 69 sur 81 · ROSE, UNE RELIGIEUSE, LE MÉDECIN · texte numérisé non relu

ROSE, UNE RELIGIEUSE, LE MÉDECIN

Au lever du ridsau. Rose vêtue conme à la cour d'assises, mais en cheveux, est assise dans le fauteuil, un oreiller derrière la tête, uno couverture en laine grise sur les genoux. Elle dort. La religieuse et le médecin sont debout près d'elle.

LA RELIGIEUSE

Vous avez vu en quel état elle était quand on Ta ramenée de la Cour d'assises, monsieur le docteur. Après votre départ, elle a reçu son avocat. Il venait pour lui faire signer son pourvoi. Elle a refusé de le signer. En parlant, elle s'exaltait. J'ai dû prier maître Farget de se retirer. 11 est parti sans avoir rien obtenu. Elle a fini par s'endormir... mais de quel sommeil 1...

LE MÉDECIN

Le sommeil de la fièvre...

LA RELIGIEUSE

N'avez- VOUS aucune prescription nouvelle à ordonner ?

LE MÉDECIN

Aucune... si ce n*est que je m'oppose à ce qu'elle soit transférée ce soir à Saint-Lazare. Elle passera la nuit ici... Nous verrons demain. Pour le reste, vous vous conformerez à ma précédente ordonnance.

LA RELIGIEUSE

Y a-t-il danger ?

LE MÉDECIN

Cette prostration est inquiétante...

LA RELIGIEUSE

Résultat d'un excès d'émotions et de soufifrances... Pauvre femme !...

LE MÉDECIN

Si elle ne trouve pas en elle-même l'énergie de réagir, elle est perdue. La vie se retirera tout à coup de ce corps épuisé...

LA RELIGIEUSE

Ah! j'oubliais... Dans son délire, elle appelait le Père Vignal. J'ai pensé que s'il consentait à venir, sa visite serait salutaire... Je lui ai écrit* J'espère, monsieur le docteur, que vous m'approuverez.

LE MÉDECIN

Vous avez bien fait.

ROSE, ottrrant les yeux, et d*ane roix très faible, sans faire de moarement.

Alors, ma sœur, vous croyez qu'il viendra, le Père Vignal?

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