SCÈNE PREMIERE
CHALAIS , assis, un billet à la main, AUBRY, debout devant lui,
AUBRY
On m'a répondu que le cardinal était toujours fort malade ; cependant je n'ai pu le voir.
CHALAIS
C'est bien.
AUBRY
Voilà trois jours qu'aucun gentilhomme n'est venu de la part du roi s'informer de la santé de monsieur de Richelieu, et cette subite indifférence a été remarquée au Palais- Cardinal.
CHALAIS
Qu'importe ?
AUBRY
Comme la dernière entrevue du roi et de son éminence a été fort animée , on commence à craindre une disgrâce , et on l'attribue à monsieur le comte.
Ilsuffit.
AUBRY
C'est sans doute pour prévenir le coup qui le menace, que le premier ministre négocie avec la reine.
CHALAIS
Comment?
AUnRY.
Au moment où j'arrivais au Palais-Cardinal, la surinlcndante de sa maison , madame la connétable de Luynes, en sortait.
CHALAIS
Madame de Luynes! se peut-ii?... laissc-raoi.
AlIBRY.
Monsieur le comte restera-t-il au bal chez la reine?
CHALAIS
Je ne sais... oui... ne m'attends que fort tard.
( Aubry sort par le fond. )