SCÈNE Y
LA DUCHESSE , DE FIESQUE , BALAGNIER; ils entrent
par le fond.
UE FIESQUE , à Balagnier.
Nous arrivons beaucoup trop tôt, monsieur. Ah ! pardon , belle dame , je ne vous avais pas aperçue. Nous étions loin de nous attendre à cette bonne fortune ; mais puisque nous vous avons les premiers rencontrée , nous pouvons nous dire maintenant les plus heureux des gentilshommes qui assisteront à la soirée de la reine.
BALAGNIER.
Et pourtant toute la noblesse de France s'y trouvera , je crois. Un bal chez sa majesté est un événement, c'est presque un miracle.
LA DUCHESSE
En effet...
DE FIESQUE
On dit que le roi lui-même doit y venir.
LA DUCHESSE
Je ne sais. . . oui. . . il l'a promis.
BALAGNIER.
Cela donne un air de fête à cette pauvre cour , si triste depuis que le cardinal est aux affaires.
DE FIESQUE
Il fallait que son éminence fût malade pour qu'on s'amusàt.
i.A DUCHESSE,, à pari.
llicn , encore rien !
BALAGNIER.
Ma foi , j'ai craint que le minisire ne vînt troubler nos plaisirs. Je viens de voir entrer un officier de ses gardes dans le cabinet du roi. 11 est porteur d'un message. LA DUCHESSE , à part.
Ah ! tout est perdu !
BALAGNIER.
Heureusement votre présence et ces apprêts nous rassurent.
(Oq entend sonner très fort dans l'appartement du roi.) LA DUCHESSE.
On a sonné.
DE FIESQUE
Vous paraissez souffrante , madame?
BALAGMER.
En effet , nous n'avions pas remarqué cette agitation.
LA DUCHESSE
Oh ! ce n'est rien , messieurs ; une légère indisposition. . . la fatigue causée par les apprêts de cette fête... Elle a été donnée si inopinément ! La reine n'a songé qu'au plaisir du bal.
DE FIESQUE
Et elle vous en a laissé tous les embarras?
Oui. . . oui. . . c'est cela ; mais rien ne sera oublié , j'espère, et j'aurai fait de mon mieux.