PREMIÈRE PARTIE, 8l
l'état.
C'est l'anarchie, et je la comprimerai. Tu te prosterneras, car j'ai la force.
LUI
C'est le despotisme brutal, une servitude inouïe, et je la repousserai. Je ne me prosternerai pas , parce que ma raison est souveraine et que je suis libre.
l'état.
Au plus fort donc?
LUI
Au plus fort!
Aux armes , citoyens ! formons nos bataillons.
Tuons , rusons !
A la victoire et terres et maisons.
Et quelques années s'étant écoulées , lui et les siens, toutes les sociétés secrètes firent explosion et l'emportèrent par la force; en haut, en bas et dans toute l'Europe, il y eut des joies sauvages; en haut et en bas, il y eut d'indicibles angoisses; et quand les vainqueurs voulurent jouir comme ils l'entendaient, de leur victoire, rencontrant de toutes parts de passives mais opiniâtres résistances, et s'imaginant que la ruse vaincue leur avait repris l'empire, ils en appelèrent de nouveau à la force dans de ténébreux et farouches complots. Iîientôt
et partout, on ne parla plus, pour des temps rapprochés, que d'immenses catastrophes, d'atroces luttes, de sang, de viol, d'incendie et de pillage, et les sociétés , d'une extrémité du monde à l'autre, frémissant d'épouvante ou de haine, n'eurent qu'à choisir entre deux abîmes: l'abîme de l'anarchie, où tout ordre et toute morale périssent, noyés dans des flots de sang; et l'abîme du despotisme, où toute liberté , toute dignité humaine , meurent, étouffées dans une mer de boue.
C'ÉTAIT L'HEURE DU COMMUNISME
Et la logique dit au rationalisme et à la morale d'état :
DANS VOS PRINCIPES, IL A RAISON