PREMIÈRE PARTIE. I 8f
« forme la plus lumineuse, la plus saisissante, la « plus dramatique. »
« La profession de foi du Ficaire savoyard est « sans contredit le meilleur écrit de Rousseau ; c'est « même le seul qu'une saine philosophie puisse « avouer tout entier. La raison en est qu'il n'y a « presque rien du sien , ni dans les idées qu'il dé- « veloppe, ni dans les arguments dont il se sert. « Les unes appartiennent à la tradition permanente « du genre humain , les autres sont empruntées aux
« philosophes les plus autorisés Nulle part ce
« talent n'a trouvé, avec une matière plus illustre, « une perfection plus achevée. C'est ici le triomphe « de cette parole enflammée et savante, et de cette « forte dialectique, trop souvent ailleurs au service « du paradoxe, cette fois au service de la vérité, « du bon sens et de la vertu. Le Vicaire savoyard, « c'est Rousseau lui-même , avec tout ce qui le fait « grand et presque seul dans son siècle : le goût du « beau et du bien poussé jusqu'à la passion ; l'en- « thousiasme de l'honnête clans une société corrom- « pue; une logique austère parmi des raisonneurs « efféminés ; une imagination tendre , profonde, « mélancolique, à côté de froids beaux-esprits ou « de violents déclamateurs. » (Préf. par M. Cousin.)
C'est, en effet, un des plus parfaits résumés de l'enseignement universitaire ou d'état, un des plus opposés à la vérité, au bon sens, à tout ce qu'on nomme vertu par le monde, un foyer de scepticisme et d'immoralité, la quintessence de toutes les
]f)0 I.E COMMUNISME FT SES CAUSES.
sources les plus fécondes de l'anarchie intellectuelle et du communisme. Qu'on en juge par les rapides extraits que nous en allons faire, et par eux, de tout l'enseignement universitaire ou d'état. Nous ne pouvons pas mieux résumer nous -même toutes les preuves que nous venons de donner sur ces sources du communisme.
— Point de départ dans la recherche de la vérité: trois souverainetés contradictoires: la conscience, l'instinct et la raison, ou anarchie et scepticisme comme principe, (i)
Je lis (pag. 5g.) : « La conscience est la voix de « rame ; les passions sont la voix du corps. Est-il « étonnant que souvent ces deux langages se con- « (redisent ? et alors, lequel faut-il écouter? Trop « souvent la raison nous trompe; nous n'avons que « trop acquis le droit de la récuser: mais la con- « science ne trompe jamais ; elle est le vrai guide de « l'homme ; elle est à Vaine ce que î instinct est au « corps ; qui la suit , obéit à la nature et ne crain r