‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 105 sur 111 · VOTES · texte numérisé non relu

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tion des nations, n'ont craint ni les peines, ni les périls, ni les souffrances , ni la mort, lorsqu'il s'agissait pour eux du libre exercice de la charge qui leur est confiée par le divin fondateur de FÉglIse, d'enseigner et d'édnquer les nations. On a pu enlever à TÉglise set domaines, ses honneurs, et la splendeur dont elle était environnée; on a pu lui enlever tout ce qu'elle possédait, mais jamais FÉglisa n'a abandonné le droit d'enseigner ce qu'elle a reçu de Dieu y d'éduquer et de moraliser tous les peuples de la terre. Elle saisit l'homme pour le conduire, par l'enseignement et par l'éducation qu'elle lui donne , à ses hautes destinées. Elle le saisit dés Page le plus tendre, et le suit dans le développement de toutes ses facultés individuelles^ afin que^ par un enseignement qui embrasse toutes les branches du savoir ^ il puisse arriver à une parfaite connaissance des choses , et cela suivant l'esprit de sa mission , qui n'a point d'autre objet que l'éternelle destinée de l'homme. De même que l'homme ne saurait être conçu séparé en deux êtres, c'est-à-dire, en un corps qui ne travaillerait qu'à satisfaire ses besoins terrestres , et en un esprit qui s'efforcerait à atteindre les plus hautes destinées , l'Église sait fort bien que l'esprit humain ne saurait être divisé pour suivre deux destinées contraires. Et son droit divin à l'éducation du genre humain se fonde précisément en cela qu'elle saisit l'esprit de l'homme dans la totalité de toutes ses facultés et de toutes les formes de son activité -, qu'elle les développe et les rend capables d'arriver à l'éternelle destinée de l'humanité. Cest encore l'histoire qui rend à TÉglise ce témoignage , que', dans la conscience de son droit divin , de sa liberté divine à enseigner , à éduquer et à moraliser l'homme , elle a atteint le point culminant de la science et des arts , produisant les plus magnifiques monuments, depuis l'établissement de ses écoles claustrales et de set ateliers d'architecture jusqu'à la fondation de ses universités et de ses gigantesques basiliques , institutions qui toutes reposent également sur le fondement d'une éducation qui embrasse l'esprit humain tout entier pour le préparer à de plus hautes destinées.

L'Église ne peut donc, sans se renier elle-même, abandonner son droit héréditaire sur Fhumanité, et ce n'est qu'une conséquence naturelle de son droit, qu'elle puisse faire choix de tous les moyens qu'exige son exercice , à savoir : le libre choix des individus ou des corporations destinées à renseignement et à Péducation des

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hommes, aussi bien que celui des livres qu'elle veut employer à cet enseignement. 11 faut en particulier qu'elle puisse elle-même et librement pourvoir à l'éducation et à Témancipation postérieure des distributeurs et des envoyés de sa grande œuvre d'éducation , et qu'elle puisse agir en pleine liberté en tout ce qui concerne leur envoi , leur surveillance, leur correction, et , le cas échéant, leur destitution. L'Église seule peut juger de la nécessité de fonder ou de maintenir des congrégations ou des corporations utiles ou qui ont cessé de l'être. Autrement on ne pourrait plus la concevoir comme la gardienne de cette moralité qui seule assure le maintien de l'ordre public et de la légalité sociale. »

« Les évêques réunis reconnaissent donc et déclarent : l'Église, fondée par la puissance de la parole pendant une sanglante persécution de trois siècles, réclame aujourd'hui, comme toujours, la liberté illimitée de renseignement et de rinstruction, comme aussi le droit de fonder et de diriger des instituts d'instruction et d'éducation qui lui soient propres, et cela dans le sens le plus étendu. Dans ce droit , elle voit l'unique moyen de remplir véritablement et dans toute son étendue sa mission divine , et elle ne peut considérer toute mesure coercitive de ses droits que comme incompatible avec les justes demandes des catholiques d'Allemagne. •

« Les évêques reconnaissent comme de leur devoir de recourir à tous les moyens légaux pour préserver de toute corruption les écoles appartenant aux catholiques , de détenir tous les fonds et revenus destinés aux écoles catholiques , et , le cas échéant , de les redemander partout où ils ont été soustraits ou retenus au détriment des catholiques. »

« Les évêques déclarent en particulier , que , conformément aux devoirs que leur impose leur ofûce et que prescrivent les canons , ils ne peuvent renoncer au droit de choisir et de déterminer tous les ouvrages d'enseignement religieux qui doivent être employés dans leurs diocèses. Ils déclarent qu'aux évêques appartient le droite et qu'il est conforme à leur devoir, de diriger renseignement religieux dans toutes les institutions d'instruction publique où la religion catholique est enseignée , et de visiter ses instituts ; ils déclarent qu'ils reconnaissent et assument )a responsabilité qui leur est imposée par le plein pouvoir qu'ils tiennent de Dleu^ de donner mission, et que leur intention est d'exercer ce droit principalement dans la sphère des hautes sciences théologiques. »

A Les évéques, reconnaissant le devoir essentiel qui leur est îm* posé de former leur clergé par une instruction et par une éducataon propre y réclament dans ce but le droit inaliénable qui leur appartient en vertu des préceptes canoniques, de fonder en pleine liberté et sans qu'aucun obstacle ne puisse leur être imposé , les séminaires et les autres instituts ecclésiastiques pour l'éducation et renseignement de leur clergé que chacun des évéques jugera nécessaire pour son diocèse. Ils insistent sur leur droit de diriger ceux qui existent déjà , d'administrer leurs biens, d'agréer ou de renvoyer les directeurs, les professeurs et les élèves de ces instituts. »

« Les évéques catholiques, en leur qualité de successeurs des apôtres , ayant seuls le pouvoir d'envoyer des ouvriers dans la vigne du Seigneur^ aGn que l'Évangile soit prêché en tout lieu et que les mystères du salut soient distribués aux fldèles, se reconnaissent obligés , aGn d'observer consciencieusement tout ce qui tient à cette mission divine, de ne choisir, de ne consacrer et de n'envoyer que des sujets que leur conduite morale leur fera reconnaître comme dignes d'exercer le sacerdoce et l'ofGce d'enseigner, et qui , par leurs connaissances, leur paraîtront capables de remplir dignement les devoirs de leur vocation. A eux seuls donc appartient Je droit d'examiner et d'éprouver^ tant sur leurs mœurs que sur leur savoir, ceux qui sont appelés à l'état ecclésiastique. A eux seuls appartient le droit de conférer à ceux qui se préparent aux ordres sacrés, ou à recevoir la mission évangélique pour l'enseignement dans les séminaires, lorsqu'ils auront fait preuve de leur zèle dans l'enseignement ou dans la charge d'âmes , et après avoir subi les épreuves canoniques , le témoignage de leur capacité pour l'emploi de curés ou de prédicateurs. »

« Les évéques déclarent donc que la participation de l'état aux examens de ceux qui se présentent pour entrer dans l'état ecclé^ • siastique^ avant de les recevoir dans les séminaires, aussi bien que sa coopération à des concours aux cures , constituent une coercition essentielle de la liberté ecclésiastique et un empiétement sur les droits épiscopaux. »

« Si l'Église ne peut jamais perdre la conscience de son droit à remplir en toute indépendance sa mission d'éducation, elle ne peut non plus, et en aucun temps, renoncer au droit qui lui est insé-

parablement uni, d'être , à rimîtation de son divia fondateur , la bienfaitrice corporelle des peuples dont le soin spirituel lui est confié. Ce qu'une tendre mère est à ses enfants , r£glise Ta toujours été pour les pauvres et les nécessiteux , bien entendu lorsqu'elle était libre et indépendante quant à la collecte et à la distribution de ses dons. Qui pourrait dénombrer les fondations pieuses sorties d'elle avec autant d'abondance que de diversité ? Connaître la mystérieuse assistance de l'Esprit divin et le secret des bénédictions qu'il répandait même sur l'obole du pauvre qu'une même confiance déposait aux mains maternelles de TÉglise^ laquelle s'empressait souvent de pourvoir à des nécessités souvent fort éloignées d'elle , c est ce que le calcul humain ne découvrira jamais à Taide de ses chiffres. Savoir si l'Église , à l'aide de l'esprit de sacrifice qui anime de pieuses associations^ et de sa propre disposition à se faire mendiante à la porte du riche pour verser les dons de sa libéralité dans le sein du pauvre ; savoir si elle parviendra, dans les cruelles nécessités de la misère sociale actuelle, à tendre avec succès sa main aux misérables , c'est là une question dont la solution dépend du mouvement libre et indépendant de l'Église , que les évéques se croient également obligés de réclamer sur ce terrain •»

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