‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 55 sur 111 · RESUME DES CAUSES DOCTRINALES DU · texte numérisé non relu

RESUME DES CAUSES DOCTRINALES DU

COMMUNISME OU DE l'eNSEI-

GNEMENT D^ETAT.

M. le grand-maître Cousin sous la soutane

GENEVOISE du VICAIRE SAVOYARD.

Mentita est inlquitoi iibL

L'impiété s'est prise dans ses propres pièges. (Pjfl/Ruae.v. 12.)

« Oir sait, dit un journal (i), que racadémie des « sciences morales et politiques, sur l'invitation du € chef du pouvoir exécutif, a résolu de favoriser la c propagation de petits traités sur la morale , la c politique et les principes d'économie sociale , « dans le but d éclairer les classes laborieuses. Déjà « M. Blanqui a été chargé par l'Institut de voyager « pour étudier les moyens de venir en aide aux ff classes souffrantes; M. Mignet fait des rapports a sur le même sujet, et l'illustre M. Thiers, intertf rompant ses brillants récits du Consulat et de «c r Empire j prépare la publication d'un livre sur « les Droits de la propriété. Le plus célèbre philo-

(I) VJmi de la Religion , 30 août 1S48.

l88 LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

a sophe (le l'université ne pouvait pas rester silence cieux et oisif durant cette croisade entreprise par c ses amis politiques contre le socialisme »

a Puisqu'au nom de la philosophie j dit-il , on « verse sans relâche dans Tâme du peuple tous les a poisons du matérialisme et de V athéisme , n'est-ce a pas le devoir d une philosophie généreuse de « disputer le peuple à ses corrupteurs , d* opposer « V apostolat du bon sens et de la vertu à celui du m mensonge et du crime , et d'essayer à son tour de « pénétrer dans l'atelier de l'artisan et sous le toit « du pauvre, pour y faire arriver des vérités salace taires et des lumières pacifiques? »

ce Qui trouvera des accents assez forts pour se <c faire entendre de la foule et accréditer auprès (c d'elle la philosophie?* Les grands métaphysiciens « ont écrit pour leurs pareils, ou du moins pour cr un très-petit nombre. Les beaux traités de Bos- « suet et de Fénélon sur l'existence de Dieu , sur la « connaissance de Dieu et de soi-même, déjà plus <c accessibles , demandent cependant , pour être « compris , des connaissances préliminaires assez tf étendues ; ils appartiennent encore à la métaphy- « sique savante; enfin , ils ne sont pas assez courts ff pour servir de bréviaire à des hommes de peu de « loisir. »

a A défaut de mieux, voici quelques pages recom- « mandées aussi par le grand nom de leur auteur , « où toutes les vérités dont l'homme a besoin sont « exposées avec une rigueur parfaite , et sous la

PAEJUIÈIIE PARTIE. \Sg

c forme la plus lumineuse, la plus saisissante, la c plus dramatique. »

« La profession de foi du Ficaire savoyard est « sans contredit le meilleur écrit de Rousseau; c'est « même le seul qu'une saine philosophie puisse « avouer tout entier. La raison en est qu'il n'y a ff presque rien du sien , ni dans les idées qu'il déff veloppe, ni dans les arguments dont il se sert. « Les unes appartiennent à la tradition permanente c du genre humain , les autres sont empruntées aux

c philosophes les plus autorisés Nulle part ce

c talent n'a trouvé^ avec une matière plus illustre, c une perfection plus achevée. C'est ici le triomphe ff de cette parole enflammée et savante, et de cette a forte dialectique, trop souvent ailleurs au service « du paradoxe, cette fois au service de la vérité, ff du bon sens et de la vertu. Le Vicaire savoyard, a c'est Rousseau lui-même, avec tout ce qui le fait <K grand et presque seul dans son siècle : le goût du c beau et du bien poussé jusqu'à la passion ; l'enc thousiasme de l'honnête dans une société corrom- «r pue ; une logique austère parmi des raisonneurs « efféminés ; une imagination tendre , profonde , c mélancolique, à côté de froids beaux-esprits ou « de violents déclamateurs. » (Préf par M. Cousin.)

C'est, en effet, un des plus parfaits résumés de renseignement universitaire ou d'état, un des plus opposés à la vérité , au bon sens , à tout ce qu'on nomme vertu par le monde , un foyer de scepticisme et d'immoralité, la quintessence de toutes les

IQO LE CÛMMUiriSME ET SES CAUSES.

sources les plus fécondes de l'anarchie intellectuelle et du communisme. Qu'on en juge par les rapides extraits que nous en allons faire, et par eux, de tout l'enseignement universitaire ou d'état. Nous ne pouvons pas mieux résumer nous -même toutes les preuves que nous venons de donner sur ces sources du communisme.

— Point de départ dans la recherche de la vérité: trois souverainetés contradictoires: la conscience^ l'instinct et la raison, ou anarchie et scepticisme comme principe, (i)

Je lis (pag. Sg.) : « La conscience est la voix de « Pâme ; les passions sont la voix du corps. Est-il a étonnant que souvent ces deux langages se cona (redisent? eX, alors, lequel faut-il écouler? 7>o/; « souvent la raison nous trompe ; nous n'avons que « trop acquis le droit de la récuser: mais la con* « science ne trompe jamais ; elle est le vrai guide de, « l'homme ; elle est à Vâme ce que F instinct est au « corps ; qui la suitj obéit à là nature et ne craint

« POINT DE s'égarer. »

Donc déjà , deux guides infaillibles : Fun pour l'âme 9 Vautre pour le corps y et deux guides cependant, parlant, d'après lui et dans ces quatre lignes, deux langages contradictoires. Le troisième, la raison, au contraire, trop souvent nous trompe, et nous n'avons que trop acquis le droit de la récuser.

(I) J'ai sous les yeux La profession du Vicaire savoyard, édit des OEuvres complètes de Rousseau, imprimerie de Didot, librairie de Deterville et Lefèvre, tom. vi, 4' livre de F Emile ^ pag. 12.

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