Sir Julian Gorbett, Naval operationSj t I, Introduction
2. Croiseurs de bataille : Inflexible^ Indefatigahle, Indomitable. 1" escadre de croiseurs : Defence^ Black Prince, Duke of Edinbnrgh^ Warrior. Croiseurs légers : Chatham, Dublin, Gloucesterf Weymouth.
(4 août-1*' novembre 1914.)
Il appartient aux historiens maritimes de faire la lumière sur les incidents qui se produisirent dans la Méditerranée occidentale pendant les premiers jours du mois d'août 1914 et d'expliquer notamment comment le Ooeben et le Breslau, les seuls navires de guerre que l'Allemagne possédât en Méditerranée, purent bombarder impunément Bône et Philippeville le 4 août, à l'aube, et charbonner le jour suivant à Messine, sans être rejoints par la flotte française dont les escadres avaient pris la mer dès le 3 août, ou par l'escadre anglaise * qui assumait, entre le cap Bon et la Sicile, un rôle de couverture à l'égard des transports de notre corps d'armée d'Afrique.
Après avoir rempli ses soutes, l'amiral Souchon, qui commandait la division navale allemande, quitta Messine le 5 août au soir et fit route vers l'est. Le 7,
1 . Cette escadre n'était pas complète : la première escadre de cro iseurs commandée par Tamiral Troubridge avait été détachée en surveillance à rentrée du canal d'Otrante.
au matin, secouant Tétreinte d'un croiseur léger anglais lancé à sa poursuite, il franchit le canal de Cervi et pénétra en Méditerranée orientale. Il entrait si peu dans les vues de TAmirauté que le Goeben pût tracer sa route vers Constantinople, que l'amiral Troubridge, qui lui avait vainement donné la chasse en mer Ionienne, lui prêtait le dessein de répéter à Port-Saïd et à Alexandrie le coup de Bône et de Philippeville. L'amiral Milne lui-même, lancé, trop tardivement, hélas! sur les traces du Goeben^ continuait également à croire que le danger le plus immédiat était de le voir se porter vers Alexandrie et le canal de Suez *. On sait qu'après trois jours d'attente dans les îles grecques, pendant lesquels l'ambassadeur Wangenheim usa de tout le prestige de son maître pour arracher au gouvernement jeune-turc l'admisstion des navires allemands dans le Bosphore, le Goeben et le Breslau pénétrèrent dans les Dardanelles le f août à 8 h. 30 du soir.
L'insécurité de ces premiers jours de guerre, provoquée par les mouvements du Goeben en Méditerranée, avait été vivement ressentie en Egypte. La présence d^ns le pays des troupes d'occupation britanniques ne risquait-elle pas d*attirer sur Im l'attaque brusquée des navires allemands? La simple possibilité de cette attaque nécessitait, en tout cas, l'adoption immédiate de mesmres de défense appropriées. Le 5 août 1914, le Conseil des ministres égyptiens, réuni