SCÈNE VIII
GANACHARD, NOURRISSON.
GANACHARD, ému et allant à Nourrisson.
Je te pardonne toutes tes extravagances! Viens dans mes bras, Joseph!., ce ne sera amusant ni pour toi, ni pour moi; mais j’ai besoin de verser des larmes dans un sein quelcon-
que! (U le prend dans ses bras.)
NOURRISSON, se dégageant arec peine de l’étreinte de Ganachard. —
A part.
Quel est cette sensibilité idiote?
GANACHARD, toujours ému, montrant la chambre d’Angélique.
Il est là!.. Elle est là!.. Ils sont là!..
NOURRISSON
Et vous les laissez seuls?
GANACHARD.
Oui, mon ami. 11 lui dit une foule de petites drôleries assez légères ! Angélique rougit, mais elle écoute.
NOURRISSON
Et c’est ainsi que vous comprenez votre rôle de père ?
GANACHARD.
Mais puisqu’il l’épouse!.. Tout est renfermé dans ces six mots : 11 prend ma tille sans dot.
NO'ja?.:.:>:N.
Sans dot?
GANACHARD.
Oui, sans dot! Il lèv ecette terrible difficulté, qui me fesait écarter tous les prétendants... et, en même temps, il me débarrasse de ma chère Angélique, qui, entre nous soit dit, commençait à me gêner, en m’empêchant de me livrer à tous mes mauvais penchants.
NOURRISSON
Mais s’il vous trompait?... Si vous étiez la dupe de cet animal?
GANACHARD.
Il n’y a que lui qui peut être dupe! Adieu! au revoir! je
Î iars, je vais, je reviens; je cours chez mon notaire reprendre es cinquante mille francs de la dot d’Angélique ! Toi, soigne bien le dîner!... Vertuchoux! je veux me griser ce soir!... tomber sous la table!... et, à la noce... je danserai. (Chantant et dansant.) »
Folichons et folicbonnettes,
Tra la la la la la la la...
(U sort par le fond en chantant et en dansant.)
UN FAÏT-PÀRIS.