SUR LE VOYAGE AU PARNASSE
DE Cervantes
Quon ne dise pas que le poème de Cervantes était inconnu en France du temps de Boileau. Car il a été imité tout au long et sans aucune discussion possible, dans un pamphlet élogieux pour Boileau et injurieux pour Ronsard, qui a paru en 1688 sous ce titre : Histoire poétique de la guerre nouvelle déclarée entre les anciens et les modernes. En voici quelques passages :
« Corneille (élu général en chef des modernes), se sent offensé de ce discours et de la louange que Ronsard donnait à Homère, Tennemi capital des modernes : « Je ne <( mérite donc pas à ton avis le généralat que ces messieurs « m'ont déféré, dit-il. — >'on, sans doute », répondit Ronsard. Alors Corneille levant le bras :
Ton insolence, Téméraire vieillard, aura sa récompense,
dit-il à Ronsard, en lui donnant un grand soutïlet qui le jeta à ses pieds. »
L'auteur représente ensuite, en traits mocjueurs, Chapelain qui aide Ronsard à se relever. L'écrit se termine par un arrêt d'Apollon, comme dans le Voyage au Parnasse de Cervantes :
Cet arrêt « déclare Corneille et Racine les deux premiers poètes dramatiques des modernes, Tornement de leur siècle, égaux en mérite, quoique d'un caractère différent, il les égale à Sophocle et à Euripide, et il ordonne que