‹ Un faux classique, Nicolas BoileauChapitre 26 sur 66 · THÉOPHILE · texte numérisé non relu

THÉOPHILE

Où mentir est un art, où l'infidélité

A de plus beaux autels que n'a la vérité.

BOILEAU

Où le seul art en vogue est lart de bien voler...

Je ne sais ni tromper, ni feindre, ni mentir...

Et vendre au plus offrant mon encens et mes vers.

TUÉOPIIILE.

Quelqu'autre ensorcelé des charmes de la cour... On les voit revêtus d'orgueil et d'espérance.

BOILEAU

Conduit d'un vain espoir il parut à la cour.

BERTHOD

Job, Uranie, adieu, c'est pour une autre fois.

Finissons, mais demain, muse, à recommencer.

Recueil [à Mademoiselle de Lenclos).

Trop de Médors, trop de Rolands Font l'amour à mon Angélique.

BOILEAU

Digne écolière enfin d'Angélique et d'Armide, Elle n'aille à l'instant, pleine de ces doux sons. Avec quelque Médor pratiquer ces leçons.

Recueil.

Quatre semaines de carême L'ayant déjà rendu tout blême.

BOILEAU

Mais le jour qu'il partit plus défait et plus blême Que n'est un pénitent sur la fin du carême.

Recueil.

Sarrasin, quand je t'aperçois

Mon cœur ressent mille allégresses.

BOILEAU

Et ma vue à Colbert inspirait l'allégresse.

Recueil.

Qu'au plus chaud de Tété je me meure de soif,

Que tous les mardis gras me soient autant de jeûnes.

Que tous les vins pour moi deviennent vins de Brie Et qu'à peine au mois d'août l'on mange des pois verts.

Recueil.

Un petit grenier est mon Louvre Mon manteau jour et nuit me couvre.

BOILEAU

Passe l'été sans linge et l'hiver sans manteau. — L'habit qu'il eut sur lui fut son seul héritage.

Recueil.

Sitôt que le sommeil m'abat Les rats commencent la tempête, Les chats célèbrent leur sabbat Au haut du toit dessus ma tête.

Je n'ai pu dormir de la nuit Tant ces galands m'ont fait de bruit.

BOILEAU

Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris Et quel fâcheux démon durant les nuits entières Rassemble ici les chats de toutes les gouttières? J'ai beau sauter du lit plein de trouble et d'effroi, Je pense qu'avec eux tout l'enfer est chez moi.

BEXSERADE [Recueil).

D'un pinceau délicat et des âges vainqueur.

BOILEAU

D'un pinceau délicat l'artifice agréable.

MALLE VILLE (ReCUcU).

L'adorer et me taire est en bien discourir.

BOILEAU

Je m'arrête à Tinstant, j'admire et je me tais.

Les ragoûts [Recueil).

Je vois que Thote s'achemine, Il est midi, çà plaçons-nous.

BOILEAU

J'y cours midi sonnant au sortir de la messe,

A peine étais-je entré que ravi de me voir

Mon homme en m'embrassant mest venu recevoir...

Les ragoûts.

Les bouteilles ont bonne mine, Garçon, mets-nous à part et ce gris et ce doux.

BOILEAU

Pensant qu'au moins le vin dût reparer le reste. Pour m'en éclaircir donc, j'en demande et d'abord Un laquais effronté m'apporte un rouge bord.

Ragoûts.

Magnifique et riche assemblage De jus, de crêtes, d'intestins, Placez vous, parfumé potage, Bisque^ pompeusement venez à nos festins.

BOILEAU

J'enrageais, cependant on apporte un potage; Un coq y paraissait en pompeux équipage...

Ragoûts,

Asperges, les reines des herbes Qu'à plaisir nous vous épargnons Quand vous venez à belles gerbes Vous placer sur la bisque en forme de rayons.

BOILEAU

Autour de cet amas de viandes entassées Régnait un long cordon d'alouettes pressées.

Ragoûts.

Unique, claire et nette glace, Petit abrégé de la mer, Où Ton ne voit jamais ramer Que des cuillers de bonne grâce.

BOILEAU

Mais qui l'aurait pensé, pour comble de disgrâce Par le chaud qu'il faisait, nous n'avions point de glace.

Ragoûts,

Venez tous lapins de garenne.

Lièvres de goût très rehaussé.

BOILEAU

Sur un lièvre, flanqué de six poulets étiques S'élevaient trois lapins, animaux domestiques.

Rarjoûls.

Glorieux jambon de Mayence.

BOILEAU

Sur ce point un jambon d'assez maigre apparence Arrive sous le nom de jambon de Mayence.

Ragoûts.

Si mes vers sentent la Gascogne Et ne sont pas assez polis, Je les dédie à quelque ivrogne Lequel, rotant, dira : ces vers sont très jolis I

BOILEAU

Tout à l'humeur gasconne en un auteur gascon, Calprenède et Juba parlent du même ton.

SAINT-AMAXT.

Les poissons ébahis les regardent passer.

BOILEAU

Déjà Xeptune plein de joie Regarde en foule à cette proie Courir les baleines du Nord.

Il aime la satire et croit qu'il est permis De railler fortement de ses meilleurs amis.

BOILEAU

Mais c'est un jeune fou qui se croit tout permis, Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis.

MADAME DESnOULIÈRES.

On le voit inquiet, chagrin, morne et rêveur.

BOILEAU

Rêveur, sombre, inquiet, à soi-même ennuyeux.

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