SCÈNE XIX
MADAME FALCONNGR.
C’est tout à fait passé maintenant.
MADAME DUROSNEL
Et comment cek t’est-il venu?
MADAME FALCONNER
• Je ne sais... j’étais là...
MADAME DUROSNEL
Seule?
MADAME FALCOMNER.
Oui.
Allons, allons voilà déjà tes bonnes couleurs qui te reviennent. Tu m’as fait peur... (L’embrassant au froni.) CcUc chèrc enfant !... Pour achever de te remettre, je viens t’apprendre une grande nouvelle.
MADAME F aLcONI^ ER.
Ah! oui, je sais... tu pai's, n’cst-ce pas?
MADAME DUhOSNEL.
Je pars... oui... pour un grand voyage... tres-périllctu... Je • vais sans doute me remarier.
MADAME FALCONNER
En vérité!
MADAME DUROSNEL
Que veux-tu? son dernier naufrage n’empêche pas le marin de reprendre la mer; je fais comme lui... je me risque...
MADAME FALCONNER
Et tu épouses?...
MADAME DUROSNEL
Tu ne devines pas ?
MADAME FALCONNER
Ah !... ce jeune homme dont tu me parlais ici tantôt...
MADAME DUROSNEL
Qui trié faisait la cour, il y a un an...
MADAME FALCONNER
Et t’oubliait, pretendais-tu ?
Je me trompais.
MADAMF. FAI.CONMi;R.
Que le disais-je?
MADAMK UUROSNFL.
Tu avais raison ; il y a encore des cœnis fidèles.
MADAME FALCOMNER.
Oh ! oui, n’est-ce pas ?
MADAME DUROSNEL
Aimants.
MADAME FALCONNER
Dévoues.
MADAME DUROSNEL
Sincères surtout ; ce pauvre Darnay en est la preuve.
Monsieur Darnay !
MADAME DUROSNEL
Fais l’étonnée.
MADAME FALCONNER
Monsieur Darnay ! comment c’est lui?
MADAME DUROSNEL
Mais lu le sais bien, puisque tu es sa confidente.
MADAME FALCONNER
Sa confidente?... qui t’a dit cela?...
MADAME DUROSNEL
Mais ton mari, qui prétend même que, depuis quinze jours, vous n’avez fait que parler de moi.
MADAME FALCONNER. '
Que parler de toi !
MADAME DUROSNEL
A moins pourtant que vous ne parliez d’autre chose?
MAD A ME FALCONNER
Non... non, vraiment, c’est bien de toi qu’il me parlait...
MADAME DUROSNEL, arec empressement.
Que te disait-il?
MA DAME FALCONNER, très-einbarrnsscc.
Eh! mais .. mon Dieu... il me disait...
SCKISli X^X.
MA DAME DUltOSNEL.
Ce qu’U m’a dit à moi, saiiti doute...
MADAME FALCON ^ER
Que te disait-il ?
MADAME DUKOSMEL.
Que j’étais son premier amom’.. .
MADA'ME FALCOiNNER.
Ah!
MADAME DUROSNEL
Que son bonlieur serait de vivre à mes cotes...
MADAME FALCO.NNER.
Oui. ». . ,
MADAME DUROSNEL
De me suivre partout, de se dévouer pour moi, de m’épouser si j’étais libre...
MADAME FAl,CO^NER.
Oui, il m’a dit tout cela effectivement.
MADAME DCROSNEL.
Moi qui doutais de lui pouitant... Ma bonne Jenny, quel , bien tu me fais !
madame falco.n.ner.
Tu l’aimes donc?
MADAME ÜIROS.NEL.
Comment, dis-moi... ne l’aimerais-jc pas... lui qui m'aime tant?
MADAME FALCONNER, à part.
11 l’aime! ah! mon Dieu! mais s’il était vrai!... s’il me trompait... On vient... c’est lui... oh! à tout prix je veux savon’... (Haut.) Vite, entre-là...
MADAME DUROSNEL
Que veux-tu faire?
MADAME FAI.CONNER.
Dans un instant je te le dirai... mais entrc-là... (au momeut
uv elle l’entr^îoe ver» la porte de droite) Hermann en tort tout effaré.)
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