SCÈNE II
DARN AY
Toi, sage Hermann?
HERMA^.^
Je l’aimais avant son mariage... sans qu’elle le sut.
D ARNAY
Eh! pourquoi donc?
HE RM AM J».
Je n’avais rien à lui offrir... qu’un cœur tout neuf.
DARMA Y
C'est quelque chose...
HERM AMN.
Et rien avec....
DARN AY
C’était léger... et quel était l’heureux objet?...
Une channantc demoiselle de dix-sept ans, que je voyais tous les dimanches dans une famille où j’allais passer mes soirées; je me plaçais à côté d’elle lorsque l’on jouait aux petits jeux, je trichais pour la faire gagner.
OARNA Y.
Petit serpent!...
HERMANN
Ah ! dame! mon cher, je l’adorais... elle se maria.
Et c’est alors que lu l’es déclaré... mauvais sujet!...
HERMANN
Ah! par exemple! pauvre petite femme, troubler son repos... je l’aimais trop. J'ai cessé de la voir pendant quatre ans, et je tâchais de l’oublier, lorsque j’appris, il y a un an, qu’elle était veuve, qu’elle était libre : je l’ai revue alors, il y a six mois, et si elle vient ici, comme je l’cspèrc, car je lui ai écrit qu’elle élait légèrement malade et que les eaux lui feraient du bien, je risquerai la déclaration.
0 ARN A Y
Allons donc ! lu ne l’aimes pas !
Il ERMANN.
Je ne l’aime pas!...
UN FKÜ ÜE PAILLE.
Alleiidrc ainsi, pendant cinq ans!
HERMANN
Puisqiiellc était mariée, te dis-je!...
DA RN A Y
On s’inquiète bien si celle qn’on aime est fille, ou veuve, libre ou mariée... on l’aime, mon cher, et malgré tout... Bonne chance, mon bon, dans tes amours, mais je crains bien que ta belle dame ne t’ait pas attendu aussi longtemps.
HERMANN
Comment, tu crois?...
DA l; N A Y.
Au revoir, cher !...
HERMANN
On vas-tu donc ?
D ARN A Y
A la promenade, où moi, qui ne suis point aussi vcituonx, je vois la mienne tous les matins de sept à huit, pendant que son mai’i reçoit sa douche... (ii son .î gaucho i>ar ic fond.)