scène vin
ANTONY, seul, déposant son paquet wr un meuble.
C’est une affaire arrangée... Du moment queie plais à la femme, le mari... le mari... c’est de la gnognotle ! (Pendant ce qui suit, il ouvre son paquet, y prend une veste qu'il passe.) Je crois que je serai très-bien ici... la maison parait calée... en entrant j ni vu quatorze paires de bottes sur une planche... Règle généntte, toutes les fois qu'on voit quatorze paires do bottes sur une
{ ilanche, on peut dire : Voilà une maison calée !... Moi, j’aitno es gens nehes!... d'abord, parce qu’ils sont riches... ensuite... parce qu’ils ont de l'argent!... Allons, c’est décidé... je me fixe ici, j’y fais mon trou... Ah ! hi bourgeoise m’a dit de mettre la couvert... Où sont les assiettes ? oh ! dans l’armoire... (Il prend une asrieUe, et tout en l’Mtujfoaf.) Qu'est-ce que je demande.
moi ! qu’on me nourrisse bien... qu'on me paie bien... qu’on me laisse prendre du ventre tranquillement... voilà pour le temporel... Quant au spirituel, jie suis exempt de passions... je n’aime ni le jeu, ni le vin, m... ah! il y a les femmes!..., hé ! hé !... Eh bien! non ! je n'ai jamais été bien... cavalcadour sur cet article-iàt... Et pourtant, chez M. Véry, j’étais aux premières loges pour me brûler le sang !... Quand on a servi Je 6 et le 7... bigre de bigre il y faisait chaud, dans le 6 et le 7 !... Après ça, moi, je ne regardais personne... je m'occupais de ma petite affaire... mes assiettes, mes couteaux, mes fourchettes... au point que j’aurais pu servir ma propre femme sans la connaître... si toutefois j avais eu une femme propre... qui me soit propre 1... Mais, pour le quart-d'heure, ce n’est pas là ce que je cherche... (mélancoliquement) oht non, marie a un autre but!... je cherche mon père... Pauvre Antony 1
Air de la romance de Joseph.
Si dam ce monde j’ai ma place ,
Je ne sais par qui ni comment...
J’y vin» comme à traveri f espace Vient la flèche du Mohican.
J’ai beau chercher, je perd» courago, 1 Mon auteur me reste caché !...
Et j’ignore, hélas ! quel sauvage Dans le monde m’a décoché.
Enfin, je suis ce qu’on appelle un... jeu de l’amour et du hasard !... A force de démarches, je me suis procuré deux renseignements précieux... U y a vingt-six ans, à l’époque de ma naissance, mon père s’appelait Anatole, et sa taille était d’un mètre soixante six... Aussi, dès qu’un Anatole parait... (Il tire de sa poche un mètre en ruban de fil rouqe, semblable à ceux dont se servent les I ailleurs .) Crac ! je le mesure!... Hier, j’en ai éaun un sur le boulevard... Le misérable !... il s’en est fallu de cinq centimètres qu’il ne fût mon père. Malédiction! (Il fait gnueste et laisse tomber son assiette oui se casse.) Ah ! sapristi! qu’est-ce qu'on va dire? (/I ramasse les morceaux et les met dans sa poche.) commn ça, ça ne se verra pas... morceaux cachés... sont à moitié raccommodés ! Chez M. Véry on me faisait payer la casse... Au bout de six mois de service... nous avons fait nos comptes... je lui redevais quatre-vingts francs... c’est l’exploitation do rhomme par la porcelaine ! Alors je lui ai dit : Monsieur* je vois bien que je n’ai pas les moyens d’ôtre votre domestique , ie suis bien votre serviteur. ( Achevant de mettre le couvert.) Là... mon couvert est mis... (Se tétant Pestomac.) 11 doit être l’heure du déjeuner... nous disons que la cuisine est par là.. (Il entre dans la cuisine, à droite ; on entend un bruit de vaisselle cassée. — Au dehors.) Ah ! sapristi ! qu’est-ce qu'on va dire?