SCENE I
GAVIliZOT et LUCILE, introduits par un garçon de bureau.
CAMUZOT, au garçon.
Merci, Monsieur, infiniment obligé. (Le garçon sort.) Tu vois , ma fille , les égards qu'on a pour nous?
LUCILE
Mais, où sommes-nous donc, papa ?
CAMliZOT.
Dans le cabinet du juge d'instruction, et ce n'est pas sans un frisson intérieur que j'aborde ce local... (Avec emphase.) C'est ici, ma tille, que l'on fouille l'âme et, quelquefois, la poche des accusés jusque dans leurs replis les plus tortueux.
LUCILE
C'est toujours bien désagréable d'être mêlé làdedans !
CAMiizoT, de ineme.
J'en conviens, ceci est une chose assez solennelle... témoins à charge dans une affaire capitale.
LUCILE
Je voudrais bien en être quille.
CAMUZOT, de même.
Songez , ma fille , que nous allons servir à dé- ■•
masquer un coupable, à purger la terre d'un grand criminel... et lâchons d'être à la hauteur de celle mission... (Changeant de ton.) Du reste, ca n'est pas difficile : on répond , on dit ce qu'on sait. Voilà tout.
LUCILE*
Et quand on ne sait rien?
CAMUZOT.
On répond de même, et, à force de répondre , on est tout surpris d'en savoir plus qu'on ne croyait... Voilà comme 00 éclaire la justice.
LUCILE
Mais, vous êtes donc sûr qu'il y a eu un crime, et que M. Bonnichon a été...
CAMUZOT.
Si j'en suis sûr?.. Je dirai mieux, j'en ai la certitude... Le corps a été retrouvé.
LUCILE
liah ! vraiment ?
CAMUZOT.
Et dans quel étal, grands dieux'., mutilé, défiguré !.. méconnaissable !
LUCILE
Kh bien ! s'il est méconnaissable ?
CAMUZOT.
C'est une preuve de plus... et ça ne fait qu'a* jouter à ma haine contre l'assassin... 0 llonnichon, tu seras vengé !.. Puisse cette assurance consoler tes mânes submergés !