Classification
On est loin de s’entendre sur une classification définitive des races humaines. Selon qu’on fixe son attention à la forme du crâne, à la couleur, aux cheveux, aux langues, etc., on propose des classifications plus ou moins simples ou compliquées. Enumérons-en quelques-unes. — A. Le célèbre Blumenbach, en comparant les crânes, obtient cinq races: 1. caucasigue (europ.); 2. mongoligue (asiat.); 3. éthiopienne (afric.); 4. malaise] 5. américaine. A cette classification de Blumenbach répond assez bien celle basée sur la couleur. 1. La r. europ. est à pigment limité et combiné; 2. 1^ r. asiatique à pigment jaune] 3. la r. afric. à pigment généralement noir] 4. la r. malaise (arabe?) à pigment brun olivâtre] enfin 5. la r. améric. à pigment rouge orange. — B. D’autres anthropologues se contentent de trois races: 1. à crâne élevé; 2. à crâne élargi; 3. à crâne allongé. — C. Lenormant admet quatre races: 1. blanche; 2. rouge] 3. jaune] 4. noire. — D. Prichard admet ju.squ’à sept races d’hommes: 1. Nègres; 2. Papuas; 3. Australiens; 4. Iraniens (caucas,); 5. Touraniens (mongol.); 6. Arméniens; 7. Hottentots. — E. M. Deniker,
se basant sur la différence des cheveux, présente un tableau assez compliqué mais ingénieux, qu’on peut voir dans son ouvrage Race of Man. — F. M. Keane distingue quatre races: 1. Ethiopiens \ 2. Mongols 3. Américains] 4. Caucasiens. Ces races sont sous-divisées oomme il suit. Les Ethiopiens ou Nègres: a. en Nègres africains, et h. Nègres Océanéens. Les premiers se sous-divisent ensuite: a. en Nègres- Soudanais, et en Nègres-Faniu. Enfin ces derniers en Pygmées (Négrilles), Hottentots (Khoï-Khoï) et Bosjesmans (Sàn). De leur côté les Nègres Océanéens se distinguent: a. en Papuas (avec la sous-race: Nigritos), /?. en Australiens, et y. en Tasmaniens (race éteinte comme on sait). — Les Mongols se divisent: a. en M.ongo\s-hido-chïnois (occidentaux), et b. Mongols- Far tores (septentrionnaux), enfin, c. en Océanéens (Japonais, etc.). — Les Américains se laissent assez difficilement sous-diviser. Dr. Keane les divise: a. en ceux du Nord; — h. du Centre; — c. du Sud. — Les Caucasiens (Blancs) sont marqués savamment comme: a. „Homo europeus'', — h. „Homo alpinus'% — c. „Homo mediterranensis'\ Dans la dernière catégorie on fait rentrer fraternellement: a. tous les Sémites, et (3. tous les Hamites, ce qui est très arbitraire. — O. Les linguistes ont coutume d’adopter trois races ou familles de langues: 1. Aryens (Hindus(?), Perses, Grecs et Pélasges(?), Latins, Celtes (?), Allemands, Slaves, etc.). — 2. Sémites. — 3. Chamites (Kushites, Nègres, Phéniciens, Libyens, Egyptiens, Galla, Somali, etc.). — Une autre classification philologique est celle qui discerne: 1. Race de langue à flexion] 2. agglutinante (langues nègres); 3. monosyllabique (chinois). — H. Un système plus simple que celui de Deniker est celui qui range les hommes: — 1. en Piliféres, qui ont: a. les cheveux en touffe (Hottentots, Papuas), et b. en toison (Nègres-Bantu, etc.); — 2. en Zanig ères qm oni : a. les cheveux raides (Australiens, Hyperboréens, Malais, Mongols, Américains), è. ou souples (Dravidéens, Nubiens, Méditerranéens). — - I. La classification historique et traditionnelle
1. en Japhétides, 2. Sémites, et 3. Chamites a toujours sa valeur, quoiqu’on ne sache pas trop sous quelle dénomination y faire figurer les Mongols-Chinois. — J. La division des races en trois est encore la plus simple ; elle est fort goûtée par les savants en ce moment, c’est à dire qu’on revient au système de Cuvier, qui distingue: 1. la race caucasique ou indo-européenne]
2. la r. mongole ou tartare, avec la sous-race américaine (et malaise!); 3. la r. éthiopienne ou nètgre, avec la sous-race australienne. — K. M. le Prof. Dr. Weule a une division ingénieuse, basée également sur la classification en trois, mais plus spécifiée. Il admet I Une „Hauptrasse”: — 1. Blancs, sous-divisés en: a. Aryens, b. Sémites] — 2. Jaunes, sous-divisés en: a. Mongols, b. Américains] — Noirs, sous-divisés en: a. Nègres, b. Australiens, c. Papuas. II. Trois „Zwischenrasse” : 1. entre Blancs et Noirs: Hamites ] 2. entre Blancs et Jaunes: U r al- Allai q lies ] 3. entre Jaunes et Noirs: Malais. (V. „Globus, Bd. LXVIII, 1895, art. de W. Koppen: „Die Dreigliederung des Menschengeschlechtes”). Cette classification est surtout commode et rationnelle, parce qu’eller englobe tous les Noirs, qui géographiquement se trouvent tous avec leurs représentants les plus anciens (Chamites), aux contours de l’océan indien (indhu, aivantul), c.-à.-d. : a. à VOuest: la masse compacte noire de l’Afrique; b. au Nord-Est les Mélanésiens éparpillés sur les îles de l’océan pacifique occidental; enfin c. dans le Sud-Est les Australiens isolés. Parmi ces Noirs trouvent place les Pygmées (Négrilles et Négritos) de l’Afr,, de l’Asie et des archipels, quoique les San (jaunâtres) diffèrent un peu des Négroïdes. — L. Une classification assez originale est celle de Gust. Carus. Il distingue : 1. „NachtvolkeP' (Ethiopiens, Nègres = incivilisés; 2. ^TagvolkeP' (Caucasiens, Perses, Armé-
niens, Sémites, Pélasges, Etrusques, Thraces, Illyriens, Ibères, Romains, Celtes, Slaves, Germains). 3. ,, Dammerungsvôl keP' : a. Orientaux (Mongols, Burjates, dotes. Chinois. Japonais, Koréens, Thibétains, Tungises, Sibériens, Samojèdes, Ostiaks, Koriaks, Jukagires, Kamtchadales, Kurils, les tribus polaires de la Sibérie- Amérique, Indo-Chinois, Malais): b. Occidentaux (aütochthones de l’Amérique, Toltèques, Aztèques, Apalaches, Patagoniens). A côté de ces trois groupements, M. Carus fait: a. une sous-classe de ceux des „Tagvôlker” qui repètent les „Nachtvôlker”, c.-à.-d. qui, après avoir été très civilisés, sont retombés plus ou moins dans la barbarie. Ce sont les peuples de l’Atlas: Berbères, Kabyles, Maures; puis les Nubiens, les Abyssins, les Egyptiens et les Coptes. Une autre sous-classe repète, soit les „Dâinmerungsvülker” orientaux (Hindu, Turcs, Lithauiens), soit les occidentaux
(Finnois, Lappons). — Il faut avouer que voilà une classification fort peu fondée. Néanmoins d’illustres savants l’adoptent (e. a. Dr. Weiss: Weltgeschichtc, t. I, p. LXIV— LXVI/5« éd., 1899), et c’est pour cette raison que je la donne.