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nature .. ces lois qu’on ne peut violer sans être criminel... Ainsi donc, mon jeune monsieur, n’oubliez pas que ce qui fait le bonheur du foyer... la joie de la maison...
MALENTRAIN (l'interrompant), — La tranquillité des familles. . Mais, pourquoi lui contes-tu tout ça !
PAMARD.—Tl me semble que je puis bien, à ton gendre...
MALENTRAIN. —Lui! mais ce n’est pas mon gendre.
PamARD.—-Alors, jeune homme, prenez tout ce que je vous ai dit comme non avenu. D'autant plus que je n’en pense pas un mot.
MALENTRAIN (à Pamard).—C'est mon filleul !
Achille Tiraloy. (4 Achille.) Quant à monsieur, je croyais que tu le connaissais. Il est vrai que tu deviens si rare... Ah ! Achille, ce n’est pas bien !..
ACHILLE (& part).—Il est complètement dégelé !..
MALENTRAIN (désignant Pamard).—Je te présente le célibataire le plus rangé de la rue des Allemands !
ACHILLE. — Des Allemands !
MALENTRAIN.—ÆEx-employé aux archives... un commis d'ordre modèle.
PamarD. - Modèle, c’est le mot... L'ordre, monsieur, l’ordre, je ne connais que ça ! et je ne parle pas seulement de l’ordre public, qui n’intéresse que les masses... Chez moi, voyez-vous, tout est étiqueté, estampillé d’un numéro matricule : je pourrais vous dire combien j'ai usé de chaussettes : 1282... Il y en a eu une d'égarée ! (Présentant sa tabatière.) En usez-vous? Et de même pour le reste : habits, cravates, pantalons... gilets de flanelle, je peux vous faire voir...
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MALENTRAIN (larrétant). —Non ! Assez, vertueux Pamard |
ACHILLE (à part). — Pamard ! celui dont j'ai l’habit et qui a le mien.
PaAMaRD (à Malentrain). — Ainsi, ces vieux rhumatismes ?
MALENTRAIN. —-Couci, COUÇa. .. pourtant depuis que je fois du trapèze..
PAMaRD. — Laisse-moi donc tranquille avec ton trapèze.. . c’est une balançoire, ., Je t’apporte une ordonnance... moi.:. Cest souverain ! (Z/ fouille dans la poche de son habit et lui tend un papier. ) Tiens !
MALENTRAIN (qui a mis ses lunettes), — Voyons ! (Lisant.) ‘Si les vues les plus pures peuvent être une excuse à mon excès d’audace. . .
ACHILLE (à part).—Ma lettre à Hélène! heureusement qu'elle n’+st pas signée !
PAMARD.— Qu st-ce que tu chantes là ?
MALENTRAIN (lisant). — “Je vous aime, je vous aime ! s:Yez à moi et jamais à d'autre !” Ah ! mon gaillard ?.., Soliman, va !..
PAMARD,— Mais ce n’est Pas à moi... comment ai-je cela dans ma poche ?... Alors, qu'est-ce que j'ai fait de cette ordonnance . . c’est bien particulier...
MALENTRAIN (lexaminant), — Ah ! par exemple ! Comment, diable, est-il ficelé ?
ACHILLE (à Part). —Voilà mon habit qui fait son effet,
M ALENTRAIN. — Vois donc, Achille, qu'est-ce que tu dis de cet habit-]a ?
ACHILLE (à part).—Je ne le croyais pas si décati.
MALENT&AIN (à Pamard).— Avance donc ici, mon excellent ami P:umard. non, Pomard... je
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ne sais plus... je t'avais écrit, ce me semble, que c'était un dîner de cérémonie. .
PamarD.—Eh bien ?
MALENTRAIN.—Eh bien! tu aurais pu me faire l'honneur de mettre ton habit neuf, Pamard, et tu mets ton plus vieux.
PamarD.—Mon plus vieux! C'est mon plus joli...
MALENTRAIN.—Nom d’un chien ! regarde-toi !
PAMARD (se regardant dans la glace).—En effet, c’est une abomination... ce bouton d'une autre paroisse... cette ventouse sous mon aile droite... j'ai l'air d’un pifferaro. Il n'ya que Baptiste qui puisse m'expliquer.