‹ Un heritage; pièce en quatre actes, en proseChapitre 19 sur 46 · ROME · texte numérisé non relu

ROME

LE BARON (s’asseyant)

es AA

# Notaire, vous pouvez commencer.

F LE NOTAIRE

! Voici sous ce pli cacheté le testament de Lord

Eckmül, mon client, Les sceaux sont intacts. C’est un testament olographe (il brise les sceaux). Il est écrit daté et signé de la main du testateur…

LE BARON (impatient)

Fu —… L2 L2 - LU LA É Oui... oui... allez donc, vous n’étes pas ici pour faire un cours de notariat...

JEAN (narquois) Est-il pressé, l'ancien jeune homme !..….

« LE NOTAIRE

Je commence (toussant :) Hum ! hum !.. « Ceci m2 « est mon testament et l'expression de ma dernière « volonté. Ayant toujours pensé que la richesse n’est « qu'un dépôt entre les mains de qui la possède.

Le LE BARON (tirant son mouchoir) Hum !... Belle âme !..

LE NOTAIRE (continuant)

« .… et ne me considérant que comme le distribu- «teur des bienfaits de la Providence, je veux que « mes héritiers observent, après ma mort, cette œu-

- « vre de justice envers lcurs semblables.

LE BARON (essuyant un pleur)

Cher homme !..

LPS. Le

LE NOTAIRE

« En conséquence, je lègue à mon cousin au 12° de- « gré, le baron Agénor-Luc-Aristide de Trocalé...

LE BARON (ému, se soulevant) Ah !.. je savais bien,.. moi...

LE NOTAIRE

.…. en toute jouissance et sa vie durant...

LE BARON Allez donc... Allez donc...

LE NOTAIRE (continuant)

.. une rente viagère de six mille francs.

LE BARON (stupéfait, retombant accablé) C’est tout ?..

LE NOTAIRE Non... il y a autre chose.

JEAN (à ses amis)

(à mi-voix). Ca commence par être rigolo. (à Antoine) Vois donc quelle tête.

LE BARON Ah ! ça... qui donc hérite”...

LE NOTAIRE

Nous allons le savoir (lisant) : « Je lègue au jeune Jacques Tipon, peintre, élève de M. Jean Duval...

JACQUES Ah ! mon Dieu !

: NC Et) A me

LE NOTAIRE (continuant)

.… une rente viagère de mille francs pour lui permettre de poursuivre ses études sans préoccupation du lendemain.

JACQUES Quel bonheur !..

LE NOTAIRE

Silence !.. « Je lègue à M. Jean Duval, en récompense de son admirable dévouement envers Jacques Tipon qu'il a recueilli et protégé dans la vie.

JEAN (modestement)

Ah !.. ça ne vaut pas la peine d’en parler.

LE NOTAIRE Silence ! .… « Je lui lègue une somme de cent mille « francs dont il fera bon usage, j’en suis sûr.

JEAN (abasourdi)

Hein ! Cent mille francs !... à moi... (à Antoine) à nous.

JACQUES (lui serrant les mains) Quel bonheur !

ANTOINE (envieux)

Tu as de la chance, toi.. :

JEAN (étonné de celte observation)

Eh !. Est-ce que cette fortune n'est pas à toi comme à moi ?...

ae

LE NOTAIRE

Silence donc... je n'ai pas fini... « Quant à Antoine Bureau, dont le génie n'a pu percer faute d’un Mécène avisé... voulant donner à ce jeune homme une preuve d'admiration pour les émotions qu'il m'a procurées, et lui donner le loisir de développer son beau talent.

JEAN Très bien.

LE NOTAIRE

Silence donc... « Et ne doutant pas que mon jeune ami ne fasse de la richesse l'usage que j'en fais moi-même... |

JEAN (se levant)

Oh !… je réponds de lui... c'est un cœur d'or.

LE NOTAIRE (continuant)

« C'est lui, Antoine Bureau que j'institue mon légataire universel »

LE BARON (se levant) (à part) Voilà un héritage bien placé, ma foi! ANTOINE

Moi! C'est à moi? Est-ce un rêve”?

(A Jean et à Jacques) Oh! mes chers amis... mes frères !.… (il Les embrasse)

JEAN

Voilà ton rêve réalisé... toi qui voulais la richesse pour faire le bien... tu l'as.

ANTOINE Nous l’avons, tu veux dire...

JEAN 3 Parbleu.

JACQUES

Et nous n’oublierons jamais que nous sommes les trésoriers du pauvre.

LE NOTAIRE (à Antoine)

Monsieur... J'avais toute la confiance du défunt, j'espère que vous voudrez bien m'honorer de la vôtre,

ANTOINE (surpris, regardant autour de lui) Hein !

JEAN

C’est à toi que Maître Corniflard parle...

ANTOINE

Oh !... pardon (au notaire) Comptez sur moi.

LE BARON (à Antoine, gracieusement) Mon cousin ne pouvait mieux placer sa fortune qu'entre vos mains, Monsieur.

ANTOINE

Je tâcherai de me rendre digne de sa belle âme,

JEAN

Si nous allions visiter nos propriétés (sereprenant) tes propriétés. .

Tu disais bien... les Nôtres,. notre château. notre parc... nos bois, nos jardins, nos fermes, nos étangs. tout cela est à vous, mes£bons amis, comme à moi...

JEAN et JACQUES

Oui... oui... allons voir nos propriétés.

JEAN

Et on ne coupera pas une branche aux arbres. Je veux qu'on trouve ici la forêt vierge. Quel rêve !!! (ils sortent, au domestique) {Ça te la coupe, hein ! mon fiston !.…

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