SCÈNE II
Les MÊMES, moins ANTOINE. LE BARON
JEAN
Ce pauvre Antoine doit avoir quelque idée de grandeur qu’il nous cache, par discrétion...
JACQUES
Tu crois ça, toi... Je le crois plein d’ambitions exagérées, moi... et... un paresseux... Enfin, il pourrait bien descendre de son piédestal et faire comme moi... ça servirait à faire bouillir la popote .. C'est,
de plus, un orgueilleux. l
JEAN
Pourquoi ne me mets-tu pas au même niveau?
Parce que, toi, tu vaux mieux que nous tous. Tu m'as recueilli quand, un soir je mourais de faim sur le pas de ta porte, et depuis, tu as fait de moi un ami qui donnerait sa vie pour toi (&{ lui serre la main). Tiens ! Quel est cet Iroquois?
LE BARON (entre sans frapper)
Pardon si je pénètre chez vous sans m'être fait annoncer, mais il n’y a pas de sonnette à votre porte
- et, comme la clef est en dehors, j'ai pensé que cela
voulait dire : « Entrez sans frapper ».
JEAN
C'est notre habitude (à Jacques, bas). Enlève le
couvert (il va se mettre au chevalet) et serre l’argenterie,
LE BARON (à Jean)
C'est à M. Antoine de Bureau que j'ai l'honneur de parler ?
JEAN (sec) Non Monsieur.
On m'avait pourtant bien dit que c'était ici, au cinquième qu'il demeurait…
JEAN (goguenard) Alors, c'est sans doute moi qui me trompe ?.… LE BARON (souriant) Monsieur aime plaisanter... monsieur est facétieux ? | JEAN (de même) Non... je suis peintre.
LE BARON
C'est bien ce que je voulais dire.
JACQUES (qui a fini de ranger)
Notre ami Antoine Bureau va revenir dans un ins-tant, monsieur.
LE BARON
A la bonne heure... celui-là est poli, au moins. Eh.